Retour sur le congrès 2017…

Cette année, c’est le local de l’étape Dr J.-P. Dupuychaffray et Angoulême qui nous ont accueillis les 22 et 23 septembre au sein de la Cité internationale de la BD pour le 25ème congrès de l’ANGH, le premier placé sous la Présidence d’Isabelle Rosa.
Au-delà du programme scientifique sélectionné en mai par le Conseil Scientifique de l’ANGH, nous avons pour certains découvert cette ville chargée d’histoire. Cité des Valois avec son château transformé depuis en Hôtel de Ville, elle y vit naître Marguerite d’Angoulême, sœur ainée de François Ier.

Plusieurs temps forts scientifiques auront rythmé ces deux demi-journées de congrès. Le plus marquant aura été le lancement de notre étude-phare SANGHRIA (Saignements digestifs ANGH Registre Incidence Actualisée 2017-2018) coordonnée par V.Quentin et S.Nahon. Cette étude permettra 15 ans après une première étude multicentrique de grande envergure menée par l’ANGH de réactualiser l’épidémiologie, les facteurs de risque, la prise en charge et les données évolutives des hémorragies digestives hautes en France. Nous attendons beaucoup de cette large étude avec un objectif de 3000 patients inclus. Elle démarrera le 1er octobre 2017 pour 1 an et nous comptons sur la force d’inclusion de plus de 40 sites de l’ANGH (contact et infos: sanghria@anghweb.net).
Comme chaque année, les plus jeunes ont été mis en avant en donnant l’occasion à nos internes de présenter des cas cliniques. 11 au total cette année, tous plus originaux les uns que les autres avant la remise du Prix du meilleur cas clinique à la fin du congrès qui cette année est revenu à Ilias Kounis (interne à Meaux). Son cas évoquait la survenue d’un ictère lié à une échinococcose alvéolaire inhabituelle. Son prix lui permettra notamment d’aller présenter son cas clinique en anglais avec notre Présidente au congrès de l’Association des HGE portugais à Porto en novembre 2017.

“J’ai eu l’honneur et le plaisir de participer au congrès de l’ANGH pour l’année 2017 et j’avoue que cette expérience a été d’un enrichissement extraordinaire. Pouvoir rencontrer des gens de toute la France qui sont prêts à accueillir les jeunes médecins et à partager leurs expériences est une chance. Les thématiques abordées au cours du congrès ont été très variées avec des orateurs marquants. En plus, y avait une ambiance détendue et la restauration a été magnifique. Un grand merci aux organisateurs du congrès et particulièrement au Dr Locher qui m’a aidé construire cette présentation intéressante.” – Ilias Kounis

Nous avons aussi eu la présentation des données réactualisées de plusieurs de nos études en cours : PIBAC (suivi d’une cohorte de porteurs inactifs VHB) avec D.Marone, OBADE (suivi de patients alcoolo-dépendants traités par Baclofène) avec C.Barrault, APPROVIE 3 (suivi de patients VHC traités par AAD de dernière génération) avec A.-J.Rémy, APACH (suivi de patients atteints d’adénocarcinome pancréatique) avec R.Faroux. D’autres résultats auront été présentés comme ceux du Programme organisé du cancer colorectal d’Alsace concernant la détection des polypes festonnés par B.Denis ou ceux d’une série monocentrique de 37 cas de colites à éosinophiles par G.Macaigne.

Chaque année, le CS invite de grands noms de la spécialité à venir faire une conférence lors de notre congrès. Cette année, la thématique était celle du futur de notre spécialité. Le Pr V.de Ledinghen nous aura brossé l’avenir de l’hépatologie après l’hépatite C. Soyons rassurés, elle a encore de beaux jours devant elle (optimisation du dépistage du VHC ou de la prise en charge de la maladie alcoolique du foie, émergence du syndrome dysmétabolique…). Le thème de la conférence du Pr D.Laharie était les perspectives thérapeutiques dans la RCH avec notamment le développement de nouvelles biothérapies orales comme le tofacitinib, un inhibiteur de JAK. Une conférence toute en vidéos aura été celle animée par le Pr J.Hochberger de Berlin avec des images impressionnantes de dissection sous-muqueuse qui font l’avenir de l’endoscopie digestive qui dans certains cas peut remplacer la main du chirurgien ! Enfin, la dernière conférence avait pour objet la réforme des études médicales qui fait l’avenir de nos futurs internes. Malgré certaines réticences, celle-ci se mettra en place dès novembre 2017 et H.Hagège qui a animé cette conférence a forcément soulevé plusieurs interrogations sur la qualité de formation des internes rendue plus exigeante notamment en endoscopie digestive ainsi que sur leur disponibilité dans nos centres hospitaliers généraux qui a priori n’est pas menacée. Nous sommes une force indéniable de formation puisque 2/3 des hospitalisations en HGE en France le sont en CHG. Nous devrons continuer à la défendre tout en sachant nous adapter à cette réforme afin de toujours mieux accueillir nos internes et leur donner l’envie de devenir les PH en CHG de demain.

Toutes les questions soulevées par cette dernière conférence auront animé les temps de pause du congrès ainsi que le diner du vendredi. C’est bien à l’occasion de notre congrès que nous pouvons nous revoir, partager nos expériences, nos savoirs, nos difficultés aussi et échanger sur nos pratiques afin que toujours elles évoluent. Vive l’ANGH!