Catégories
Gastroenterologie

Forte incitation au sevrage tabagique lors des sevrages d’alcool: indication et résultats a propos de 50 patients.

2011

Anne RENTO, Philippe GUICHENEZ, Audrey WEBER, Therese BABEAU, Olivier DUHAMEL.
unité d’addictologie, service des maladies de l’appareil digestif 34525 BEZIERS

Gastroentérologie –  2011-05-05 – PW –

________________________________

Tous les malades admis pour cure de sevrage d’alcool ont une consultation préalable lors de laquelle leur est expliquée « l »obligation » d’un sevrage tabagique associé. Nous décrivons les moyens explicatifs pour obtenir l’acceptation, l’attitude du personnel soignant et des patients, les résultats immédiats et à moyen terme.
Nous concluons en faveur d’une telle attitude sous réserve d’une formation du personnel et de l’aide des tabaccologues.

Catégories
Gastroenterologie

Eradication d’Helicobacter pylori : évaluation de pratique en Centre Hospitalier Général

2011

S. TROUILLAS, C. NJAPOUM, N. SADAT, G. BARJONET
Médecine B Centre Hospitalier rue Gabriel Peri 77120 COULOMMIERS

Gastroentérologie –  2011-05-09 – PW –

________________________________

L’éradication d’Helicobacter pylori (Hp) fait l’objet d’une recommandation de l’AFSSAPS datant de 2005, préconisant en première intention une trithérapie de 7 à 14 jours associant Clarythromycine (1g/j), Amoxicilline (2g/j) et un inhibiteur de la pompe à protons (IPP) à double dose. Outre sa durée imprécise (7 à 14 jours), cette recommandation rencontre 30 % d’échecs en France, du fait d’une résistance croissante d’Hp à la Clarythromycine. Ce travail analyse la gestion des infections à Hp dans un CHG selon la pratique des 3 gastroentérologues qui y exercent, comparant l’association « recommandée » pendant 7 jours avec deux autres types de prescriptions usuelles, associant un IPP double dose et soit de l’Amoxicilline à plus forte dose (3g/j) associé à la Clarythromycine, soit Amoxicilline 3g/j et Metronidazole 1,5g/j en première intention. Les dossiers exploitables de 93 patients ayant bénéficié d’une endoscopie oesogastroduodénale entre 1998 et 2009 avec recherche d’Hp positive ont été étudiés rétrospectivement. Les taux d’éradication contrôlés endoscopiquement ou par la pratique d’un test Helikit réalisé au moins 1 mois après le traitement étaient similaires (respectivement 69,7%, 75% et 77,6%). Cette enquête de pratique a permis de constater l’écart « dans la vraie vie » entre une recommandation (dont le taux de succès est effectivement médiocre) et les prescriptions quotidiennes, et de s’assurer que ces dernières n’avaient pas un résultat inférieur au protocole validé. Il a également permis un échange fructueux entre les 3 gastroentérologues et induit une amélioration du circuit de la prise en charge des infections à Hp : traçabilité des prescriptions effectives, de l’archivage du résultat du test d’éradication et transmission de l’information aux médecins généralistes correspondants.
Cette présentation repose sur une thèse soutenue par le Dr Sébastien TROUILLAS à la faculté de Médecine de Créteil le 16 décembre 2010, intitulée « Eradication d’Helicobacter Pylori : évaluation d’un traitement non conventionnel ».

Catégories
Gastroenterologie

Association d’une oesophagite à éosinophiles et une maladie de Crohn chez un jeune adolescent. Association fortuite ?

2011

Sofiane DAHMOUNI (1), André Jean REMY(1), Carole MAURIN (2), Faiza KHEMISSA(1),Mahdi KOUAOUCI (1) Florence JAOUEN (1), Ludovic PALMIER (1) Bernard HERAN(1),
1.Service d’Hépato-gastroentérologie .Centre hospitalier de Perpignan
2.Gastroentérologie pédiatrique .CHU de Purpan

Gastroentérologie –  2011-05-13 – PW –

________________________________

En mars 2007, un jeune homme de 16 ans présente des blocages alimentaires à répétitions puis une dysphagie aux solides. Ses antécédents sont un terrain atopique avec eczéma cutané, polyallergie alimentaire et asthme modéré. La gastroscopie met en évidence une sténose oesophagienne bénigne. Les biopsies retrouvent une oesophagite a éosinophilse. L’évolution était rapidement favorable après deux séances de dilatation oesophagiennes aux bougies de Savary, un traitement par IPP et une corticothérapie a base de fluticasone.

Trois ans après, il présente des douleurs épigastriques chroniques, une perte de poids avec dénutrition ( IMC diminué à 18) , des oedèmes des membres inférieurs persistants, une tendance à la constipation ,un discret syndrome inflammatoire avec hypoprotidémie et hypoalbuminémie sans autres signes de malabsorption. Un nouveau bilan endoscopique est réalisé et met en évidence au niveau gastrique, une gastrite sévère, nodulaire avec des vastes ulcérations en carte de géographie. L’iléocoloscopie note une discrète iléite nodulaire. L’aspect macroscopique de la muqueuse colique est normale. L’analyse histologique des biopsies duodénales, iléales et coliques étagées sont en faveur d’une maladie de Crohn.

Nous rapportons dans ce cas une association d’une oesophagite à éosinophile à une maladie de Crohn chez un homme jeune. Cette association est rare avec un seul cas décrit dans la littérature. S’agit – il de deux entités différentes ou y a t-il un lien entre les deux ? Une localisation oesophagienne d’une maladie de crohn peut-elle être confondue sur le plan histologique avec une oesophagite a éosinophiles ?

Catégories
Gastroenterologie

Facteurs associés à la dépression et à l’anxiété au cours des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin: étude dérivée de l’enquête ISSEO

2011

Stéphane Nahon (1), Pierre Lahmek (1, 2), Christelle Durance (3), Alain Olympie (3), Bruno Lesgourgues (1), Jean-Pierre Gendre (3), Jean-Frédéric Colombel (3, 4)
1)Centre Hospitalier Le Raincy-Montfermeil, 2)Centre Hospitalier Emile Roux, AP-HP, 3)Association François Aupetit, 4)CHRU de Lille

Gastroentérologie –  2011-05-13 – CO –

________________________________

But : Au cours des maladies chroniques, la dépression et l’anxiété peuvent être la conséquence de la maladie elle-même et de facteurs psycho-sociaux. Le but de ce travail était d’étudier les caractéristiques de la maladie et les facteurs psycho-sociaux associés à l’anxiété et à la dépression dans une large cohorte de malade atteints de MICI. Patients et méthodes : de Novembre 2008 à juin 2009, 1663 malades atteints de MICI ont répondu à un questionnaire concernant les caractéristiques de leur maladie, les facteurs socio-économiques et psychologiques associés à l’observance thérapeutique (observatoire ISSEO). Dans cette présente étude, nous avons étudié les caractéristiques de la MICI (localisation, sévérité, traitements) et les facteurs psycho-sociaux (statuts professionnel et marital, score de précarité EPICES) associés à la dépression et à l’anxiété. L’anxiété et la dépression étaient évaluées par le questionnaire HAD (Hospital Anxiety and Depression scale).
Résultats
Centre quatre-vingt un malades (11%) étaient dépressifs. Ces malades avaient : une maladie plus sévère (p=0.007) et un niveau de précarité plus élevé (p<0.0001) et étaient plus souvent : en poussée (p<0.0001) et en longue maladie ou invalidité (p<0.0001). Il n'existait pas de différence concernant le sexe, l'âge, la consommation de tabac, le type de MICI, la présence d'une atteinte ano-périnéale, un antécédent chirurgical, le type de traitement (corticoïdes, immunosuppresseurs, anti-TNF), l'appartenance à une association de malades et l'observance au traitement. Six cent soixante-dix neuf malades (41%) étaient anxieux. Ces malades étaient plus souvent : jeunes (p=0.01), de sexe féminin (p=0.04), fumeurs (p=0.004), en poussée (p<0.0001), en longue maladie ou invalidité (p<0.0001), moins observants au traitement (p<0.0001), précaires (p<0.0001), traités par corticoïdes (p=0.009). Il n'existait pas de différence concernant le type de MICI, la présence d'une atteinte ano-périnéale, le traitement par immunosuppresseurs ou anti-TNF et l'appartenance à une association de malades.
Conclusion : l'anxiété est fréquente au cours des MICI alors que la dépression est plus rare. Un encadrement psychologique paraît particulièrement utile chez les malades ayant une maladie sévère et en poussée ainsi que chez ceux en condition de précarité socio-économique.

Catégories
Gastroenterologie

Observatoire ONU : traitement et contrôle d’éradication de Helicobacter pylori

2011

C. Charpignon (1), B. Lesgourgues (2), G. Barjonnet (3), S. Berber (4), P. Bohon (5), J. Danis (6), S. de Montigny (7), A. Fleury (8), J. Hadjadje (9), F. Heluwaert (10), E. Lapoile (11), C. Lottman (12), J.J. Meurisse (13), F. Skinazi (14), H. Tossou (15), G. Tordjman (16), A Courillon-Mallet (1) et les centres ANGH.

(1) Villeneuve St Georges, (2) Montfermeil, (3) Coulommiers, (4) Soissons, (5) Fourmies, (6) Foix, (7) Aubagne, (8) Neuilly, (9) Cahors, (10) Annecy, (11) Eaubonne, (12) Juvisy sur Orge, (13) Bourg en Bresse, (14) Saint Denis, (15) Beauvais, (16) Aulnay sous Bois.

Gastroentérologie –  2011-05-23 – CO –

________________________________

Groupe de travail : ANGH
Introduction :
L’observatoire national sur les ulcères (ONU) a permis d’établir les causes de 960 ulcères gastrique ou duodénal diagnostiqués prospectivement en endoscopie entre janvier 2009 et janvier 2010 dans 31 centres hospitaliers de l’ANGH. Dans cette précédente étude, nous avons montré que l’infection à H pylori était la première cause des ulcères (49%). En France, le traitement éradicateur de première ligne associant Clarithromycine, Amoxicilline et IPP a un taux de succès de 75% ce qui justifie le contrôle systématique de l’éradication à l’issue du traitement. Le but de ce travail était de déterminer les modalités et le résultat d’éradication de H pylori chez ces patients et d’évaluer nos pratiques professionnelles.

Patients et méthodes :
L’étude a porté sur les patients de ONU ayant une infection à H pylori. Les informations suivantes ont été recueillies prospectivement par le gastroentérologue : les comorbidités (cirrhose, ATCD d’AVC, chimiothérapie, dénutrition, hospitalisation en réanimation, insuffisance rénale, insuffisance cardiaque), le type du traitement antibiotique prescrit et sa durée et le résultat du contrôle d’éradication d’H pylori.

Résultats :
Parmi les 472 patients ayant un ulcère associé à H pylori, 414 (88%) ont reçu un traitement d’éradication. Cinquante huit patients n’ont pas eu de traitement en raison d’un décès précoce dans 5 cas ou d’une comorbidité sévère dans 15 cas, les autres étant perdus de vue. Le traitement éradicateur était une trithérapie classique associant Clarithromycine, Amoxicilline et IPP pendant 7 jours dans la majorité des cas. Un contrôle d’éradication a été effectué chez 249 patients (60%). Il s’agissait d’un test respiratoire dans 61% des cas, d’un contrôle histologique dans 35% des cas et d’une combinaison des deux tests dans 4% des cas. Le taux d’éradication de la bactérie était de 86%.

Conclusion :
Alors qu’un traitement d’éradication a été prescrit chez la quasi totalité des patients aptes à le recevoir moins de deux tiers d’entre eux ont eu un contrôle d’éradication. La prescription du contrôle d’éradication et la récupération du résultat devraient être systématiquement prévues et organisées dès la prescription du traitement antibiotique conformément aux recommandations.

Catégories
Gastroenterologie

Effets indésirables du dépistage organisé du cancer colorectal par recherche de sang occulte dans les selles

2010

Bernard DENIS, Jacques BOTTLAENDER, Anne Marie WEISS, André PETER, Gilles BREYSACHER, Pascale CHIAPPA, Isabelle GENDRE, Philippe PERRIN
Médecine A, Hôpitaux Civils de Colmar. ADECA Alsace.

Gastroentérologie –  2010-06-02 –  –

________________________________

Les effets indésirables (EI) du dépistage organisé (DO) du cancer colorectal (CCR) n’ont pas été aussi bien évalués que pour le dépistage du cancer du sein. Le but de ce travail était de 1) recenser les EI du DO du CCR par recherche de sang occulte dans les selles et 2) déterminer les modalités optimales de ce recensement en routine.
Méthodes : Recensement des EI du DO du CCR de septembre 2003 à février 2010 dans 2 départements selon 3 modalités : 1) notification par les gastroentérologues (GE) sur le compte rendu de coloscopie, enquêtes postales rétrospectives auprès 2) de tous les médecins généralistes (MG) et 3) de toutes les personnes examinées par coloscopie.
Résultats : Les résultats obtenus sur plus de 10000 coloscopies seront présentés au Mans. Les résultats préliminaires portant sur 7206 coloscopies recensaient 60 EI graves : 9 (1.2‰) perforations, 36 (5.0‰) hémorragies, 8 syndromes douloureux abdominaux, 3 complications infectieuses, 2 phlébites, 1 infarctus du myocarde et 1 rétention urinaire. 18 (30%) étaient de gravité peu sévère, 29 (48.3%) modérée, 11 (18.3%) sévère et 2 occasionnaient des séquelles (stomie). Il n’y avait aucun décès. Ils conduisaient à 161 nuits d’hospitalisation pour 47 patients, 9 interventions chirurgicales, 8 transfusions et 10 coloscopies itératives. Le taux d’EI graves était de 8.3‰ coloscopies. Il atteignait 10.7‰ pour les 2809 coloscopies pour lesquelles les 3 sources d’information étaient disponibles. Il variait significativement avec le rendement de la coloscopie : 1.4‰ en l’absence de lésion néoplasique, 9.6‰ en cas d’adénome non avancé et 21.2‰ en cas de néoplasie avancée (p<0.01). Il survenait 1 EI grave pour 35.4 néoplasies avancées détectées. 40 EI graves (66.7%) étaient signalés par les GE, 34 (56.7%) par les patients et 19 (31.7%) par les MG. 850 MG (69.4%) et 4716 personnes dépistées (65.4%) répondaient aux enquêtes postales. Parmi ces dernières, 406 (8.6%) rapportaient des EI mineurs : 136 des douleurs après coloscopie, 124 des troubles du transit, 115 des ballonnements, 35 des nausées / vomissements et 24 des syndromes infectieux bénins. 509 (22.6%) estimaient le courrier d’annonce du résultat très angoissant, 413 (18.1%) la purge très pénible et 64 (1.4%) la coloscopie très douloureuse. Le dépistage occasionnait une angoisse importante chez 13.1% des personnes, durable dans 22.7% des cas.
Conclusions : Dès lors qu'ils sont recherchés activement, les EI du DO du CCR sont plus fréquents qu'initialement rapporté, soit 0.8 EI grave pour 100 coloscopies. La plupart sont cependant mineurs et la balance bénéfices / risques du DO reste favorable. La fréquence des EI graves est corrélée au rendement de la coloscopie, de 1‰ en cas de coloscopie normale à 21‰ en cas de néoplasie avancée. La population cible doit en être informée. La notification des EI par les GE ne repère que 2 EI graves sur 3. Pour un recensement « exhaustif » des EI, les 3 sources d'information sont indispensables : GE, MG et patient.

Catégories
Gastroenterologie

Utilisation et efficacité de l’erythromycine avant une endoscopie pour hémorragie digestive haute: résultats de l’observatoire HDH de l’ANGH

2010

Stéphane Nahon, Alexandre Pariente, Pierre Lahmek, Isabelle Rosa, pour un groupe d’ investigateurs de l’ Association nationale des Gastroentérologues des Hôpitaux Généraux*

Gastroentérologie –  2010-06-04 –  –

________________________________

Introduction et buts: la réalisation en urgence d’une endoscopie digestive est la règle au cours des hémorragies digestives hautes (HDH). Afin d’améliorer l’ efficacité de l’endoscopie, l’administration d’erythromycine par voie intraveineuse est préconisée 1. Le but de notre étude a été d’évaluer les pratiques concernant l’administration et l’efficacité de l’erythromycine à travers l’observatoire de l’ANGH sur les HDH. Méthodes : Du 1er mars 2005 au 28 février 2006, 3282 patients ont été hospitalisés en urgence pour une HDH communautaire dans 53 centres de l’ANGH. Nous avons comparé les patients ayant reçu de l’erythromycine (ERY) à ceux n’en ayant pas reçu (Non-ERY) pour l’ ensemble de la population et les malades ayant une hémorragie active. Les critères de jugement étaient les suivants: nombre de deuxième endoscopie et de geste endoscopique, taux de récidive hémorragique et de mortalité.
Résultats : nous avons considéré pour cette analyse les 2897 patients dont les données étaient disponibles et qui avaient eu une endoscopie. 429 (14.8%) avaient reçu une perfusion d’ERY avant l’endoscopie. Les malades du groupe ERY étaient plus âgés (63.7±18.3 vs 61.7±16.4 ans, p<0.02), avaient plus souvent une hémorragie active (76.2% vs 57.2%, p<0.0001), un score de Rockall plus élevé (5,99±2,17 vs 4,88±2,35, p<0.0001), un nombre de gestes endoscopiques (44.7% vs 27.1%, p<0.0001) et de deuxième endoscopie (31.2% vs 21.8%, p<0.0001) plus importants , et un taux de récidive hémorragique (14.2% vs 9.9%, p<0.007) et de mortalité plus élevés . Parmi les 1572 malades ayant une hémorragie active, 20.3% avaient reçu de l’erythromycine. Il n’existait pas de différence significative pour le score de Rockall moyen, le nombre de seconde endoscopie (p=0.2), le taux de récidive (p=0.5) ni la mortalité (p=0,38) mais le nombre de gestes endoscopiques thérapeutiques était plus élevé dans le groupe ERY (p<0.0001).
Conclusion : Dans notre observatoire, l’ERY était assez peu utilisée, un peu plus en cas d’hémorragie active. Dans cette situation, l’ERY était associée à la réalisation plus fréquente d’un geste endoscopique thérapeutique, sans diminution du nombre de deuxième endoscopie ni du taux de récidive.
*La liste complète des investigateurs est publiée dans Clin Gastroenterol Hepatol. 2008 Aug;6(8):886-92.
1-Barkun A, Bardou M, Gralnek ,I. Erythromycin and other prokinetics in acute upper gastrointestinal bleeding ? A meta-analysis [Abstract]. Gastroenterology 2009;134.

Catégories
Gastroenterologie

Dépistage du virus de l’hépatite B (VHB) chez les malades suivis pour une maladie inflammatoire cryptogénétique de l’intestin (MICI): étude de pratique dans les Hôpitaux généraux

2010

C Poupardin (1), S Nahon (1), F Harnois (2), C Charpignon (3), JF Cadranel (4), J Denis (5), H Hagège (6), B Lesgourgues (1), C Renou (7), ANGH
(1) Montfermeil; (2) Lagny; (3) Villeneuve-Saint-Georges; (4) Creil; (5) Corbeil-Essonnes; (6) Créteil; (7) Hyeres

Gastroentérologie –  2010-06-08 –  –

________________________________

Plus de 50% des malades de la cohorte Césame (MICI) sont traités par immunosuppresseurs et/ou biothérapie. Récemment, l’EASL et ECCO ont soulignés l’importance de la connaissance du statut du VHB avant d’initier un traitement par immunosuppresseur ainsi que celle de prescrire un traitement préemptif en présence d’un AgHBs (1, 2). Le but de cette enquête était d’évaluer les pratiques des hépato-gastroentérologues de l’ANGH vis-à-vis du VHB chez les malades atteints de MICI.
Méthodes : un questionnaire était adressé à l’ensemble des membres actifs de l’ANGH par courrier électronique. Les réponses étaient obtenues sur la base du volontariat à l’aide d’un questionnaire informatisé composé de questions à choix simple et multiple.
Résultats : quatre-vingt sept praticiens répondaient à l’ensemble des questions de cette enquête. L’activité des praticiens était gastroentérologique dans 34% des cas, hépatologique dans 15% des cas et mixte dans 51% des cas. Les marqueurs du VHB étaient recherchés dans 91% des cas, rarement dès le diagnostic de MICI (28%) et plus fréquemment avant le début du traitement par immunosuppresseurs (72%). Le dépistage était majoritairement sérologique (78%). Quarante-neuf pourcents des praticiens recommandaient systématiquement une vaccination des malades séronégatifs alors que 35% d’entre eux ne vaccinaient que les malades à risque d’infection virale. Le contrôle des anticorps anti-HBs était effectué dans 25% des cas après vaccination.
Un traitement préemptif était proposé dans 70% des cas chez les porteurs inactifs de l’AgHBs (ADN VHB <2000UI/L). Un dosage de l’ADN du VHB était réalisé dans 75% des cas alors qu’une recherche l’Ag HBe était effectuée dans 29% des cas chez les porteurs isolés de l’Ac anti HBc. Dans cette situation particulière, un traitement préemptif était proposé dans 50% des cas lorsque l’ADN viral était positif et dans 9% des cas s’il était négatif.
Les traitements préemptifs instaurés en monothérapie étaient la lamivudine (22%), le tenofovir (24.5%) et l’entecavir (31%). Le traitement préemptif était interrompu 6 mois après l’arrêt des immunosuppresseurs chez 65,5% des porteurs inactifs. Une réactivation virale B sous immunosuppresseurs a été rapportée par 23 % des praticiens.
Conclusion : La pratique des hépato-gastroentérologues des hôpitaux généraux est le plus souvent conforme aux recommandations vis-à-vis du VHB chez les malades MICI. Un bilan sérologique précoce devrait permettre de vacciner les malades non immunisés avant l’instauration d’un traitement immuno-suppresseur, bilan qui n’est effectué que par un quart d’entre eux. De plus, un traitement préemptif devrait être systématiquement proposé aux porteurs inactifs du VHB alors qu’il n’est instauré que dans 70% des cas.

Catégories
Gastroenterologie

Les 18 premiers mois de la campagne de dépistage par test Hemocult® en Seine et Marne : résultats dans une unité d’endoscopies digestives d’hôpital général et comparaison avec les autres indications de dépistage

2010

Florence Harnois (1), Gilles Macaigne (1), Jean-François Boivin (2), Jean-Paul Desbiez (1), Dorian Dikov (2), Sadek Cheiab (1), Georges Bonyhai (2), Claude Chayette (1). Services d’hépato-gastroentérologie (1) et d’anatomo-pathologie (2), Hôpital de Lagny-Marne-la-Vallée, 77 405 Lagny-sur-Marne Cedex. France.

Gastroentérologie –  2010-09-02 – CO –

________________________________

Introduction : La campagne de dépistage du cancer colo-rectal par test hémocult® (CCR) a débuté dans le département de Seine et Marne en octobre 2008.
But : Les buts de ce travail ont été d’évaluer les résultats du dépistage du CCRH dans une unité d’endoscopie d’un hôpital général de Seine et Marne durant les 18 premiers mois et de les comparer aux résultats des autres indications de dépistage.
Malades et méthodes : D’octobre 2008 à avril 2010, tous les malades adressés dans notre centre pour coloscopie de dépistage ont été inclus. L’indication de la coloscopie de dépistage était soit un test Hemocult® positif, soit un antécédent personnel ou familial de tumeur colo-rectale (polype ou cancer). L’ensemble des données cliniques, endoscopiques et histologiques ont été recueillies prospectivement.

Résultats :
486 coloscopies de dépistage ont été réalisées, soit 35% de la totalité des coloscopies réalisées dans l’unité pendant cette période. La coloscopie était complète dans 98.4% des cas. La population avait un age médian de 72 ans [27-88] et était constituée de 54% d’hommes. L’indication était un test hémocult® positif chez 61 patients (12.5%), un antécédent personnel de tumeur colorectale chez 222 patients (45.7%) (cancer dans 16% des cas), un antécédent familial au 1er degré chez 180 patients (37,1%) (cancer dans 78% des cas) et un antécédent familial au second degré chez 23 patients (4.7%).
Dans cette cohorte, 7 adénocarcinome, 5 adénome en dysplasie de haut grade (DHG) et 41 adénome>10mm ont été diagnostiqués et 1 cas de polypose (sans antécédent familial) a été détecté dans le groupe hémocult®. Les taux de cancer et d’adénome>10mm étaient significativement plus élevés dans le groupe Hémocult® positif que dans les 3 autres groupes (P<0.001). Les nombres de polype/colo et d’adénome/colo étaient significativement plus élevés dans le groupe Hemocult® (p<0.05), les différences n’étant pas significatives entre les 3 autres groupes (tableau 1)
La coloscopie permettait le diagnostic d’au moins un adénome chez 52% des malades du groupe hémocult® et dans 39.3% des malades du groupe antécédent familial au premier degré ayant une première coloscopie ; cette différence n’était pas significative. Lorsque la coloscopie était anormale, le nombre d’adénome/colo était significativement supérieur dans le groupe hemocult® positif que dans le groupe de malades ayant une première coloscopie pour un antécédent familial au premier degré ( 2.7 versus1.9, p= en cours)

Conclusion :

les coloscopie de dépistage pour Hémocult® positif ont représenté 12.5% des nos coloscopies de dépistage et ont été performantes pour le diagnostic des polypes à haut risque et de cancer. La coloscopie réalisée pour test Hémocult® positif permettait de diagnostiquer significativement plus de cancer et d’adénome à haut risque que dans les autres indications de dépistage.

Catégories
Gastroenterologie

Colites lymphocytaires secondaires à la prise d’inhibiteurs de la recapture de la sérotonine.

2010

(1) Service d’hépato-gastro-entérologie Centre hospitalier Sud-Francilien Quartier du Canal Courcouronnes 91014 EVRY cedex
(2) Service d’anatomo-pathologie Centre hospitalier Sud-Francilien Quartier du Canal Courcouronnes 91014 EVRY cedex

Gastroentérologie –  2010-09-02 – CO –

________________________________

Les colites microscopiques sont définies par l’existence de lésions inflammatoires de la muqueuse colique qui surviennent au sein d’un côlon macroscopiquement sain.
Les lésions inflammatoires associent hyperlymphocytose intra-épithéliale, anomalie de l’épithélium de revêtement, cryptite et infiltrat inflammatoire de la Lamina propria.
Deux entités sont définies, la colite collagène, et la colite lymphocytaire caractérisée par la présence d’une lymphocytose épithéliale supérieure à 20 % des cellules de revêtement.
Le tableau clinique de ces colites microscopiques en particulier de la colite microscopique lymphocytaire est dominé par une diarrhée sans altération de l’état général, survenant plutôt chez la femme d’âge moyen.
Huit patientes d’âge moyen de 44,5 ans (extrêmes : 41 à 80 ans) traitées par des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine depuis des durées variables allant de 3 mois à 7 ans ont consulté dans le CHSF depuis 2006, pour une diarrhée évoluant depuis plus de trois mois, non glairo-sanglante, sans altération de l’état général.
Ces patientes ont toutes bénéficié d’une coloscopie macroscopiquement normale mais dont les biopsies ont révélé l’existence d’une colite lymphocytaire.
Les autres étiologies de diarrhée chronique ont été éliminées.
L’évolution de cette colite microscopique lymphocytaire a été favorable après arrêt de l’inhibiteur de la recapture de la sérotonine et mise sous PENTASA à la dose de 4 g par jour, à dose décroissante et arrêt au bout de 6 mois sans récidive de la diarrhée.
Deux patientes ont nécessité la mise sous ENTOCORT en raison d’une non-réponse au PENTASA malgré l’arrêt de l’antidépresseur. Trois patientes ont repris un antidépresseur de la même classe (PROZAC puis DEROXAT, SEROPLEX puis SEROPRAM, DEROXAT et reprise du DEROXAT deux ans plus tard) avec un test de réintroduction positif, la récidive de la diarrhée, et la même évolution favorable après arrêt du traitement et mise sous PENTASA ou ENTOCORT.
Il n’est pas rare de retrouver le rôle d’un médicament dans la survenue d’une colite microscopique, un mécanisme immuno-allergique a été évoqué, avec la description de signe d’activation muqueuse ou de l’induction d’une apoptose.
Ces diarrhées ont un caractère bénin, on peut retenir comme potentiellement responsables de colite lymphocytaire les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine. Dans nos observations toutes les patientes ont été traitées ; on ne peut exclure que la seule interruption du traitement puisse parfois suffire à entrainer l’arrêt de la diarrhée.