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Gastroenterologie

Déploiement et évaluation prospective sur huit mois du dispositif d’annonce du cancer dans un service d’hépato-gastro-entérologie.

2008

R. FAROUX, JB. PRAUD, J. DIMET, JP. LAFARGUE, G. MEDINGER, M. SCHNEE – CHD La Roche sur Yon 85000

Gastroentérologie –  2008-05-20 –  –

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Buts :
Décrire le déploiement du dispositif d’annonce tel qu’il a pu être mis en place dans le service de gastro-entrologie du CHD de La Roche sur Yon, quantifier la proportion de patients ayant pu en profiter et effectuer une évaluation prospective.
Matériel et méthodes :
Evaluation prospective sur une période de huit mois concernant 62 cas consécutifs, à partir des quatre populations protagonistes (médecin référent de l’annonce, infirmières, patients et médecin traitant) et effectuée par l’intermédiaire de quatre questionnaires distincts reliés entre eux par un numéro d’anonymisation. Analyse de la conformité au cahier des charges de la mesure 40 du plan cancer.
Résultats :
Description de l’organisation choisie. La consultation d’annonce diagnostique est possiblement couplée à la proposition thérapeutique (PPS) et se déroule en présence d’une infirmière coordonnatrice.
Une seconde consultation impliquant cette infirmière est pratiquée à distance afin de reformuler les éléments de la première consultation, d‘évaluer les besoins, de mettre en place soins de support et explications pratiques sur le projet de soins.
Sur 113 nouveaux cas de cancers vus consécutivement, 67,2 % ont eu un temps d’annonce spécifique et 55 % ont eu accès au dispositif d’annonce complet. Parmi les 37 patients qui n’ont pas eu accès à ce dispositif d’annonce, 30% étaient porteurs d’une maladie très avancée ayant entraîné le décès pendant l’hospitalisation et 46% n’ont pas eu de dispositif d’annonce complet par choix du médecin référent ou difficultés d’organisation.
Une importante participation des quatre populations pour remplir les questionnaires (95% pour les médecins référents, 81% pour les médecins traitants, 98% pour les IDE et 78% pour les patients) a contribué à la pertinence de l’évaluation.
La durée moyenne entre le diagnostic de certitude et la consultation était de 21 jours (extrêmes 0 à 120 jours), 72% des patients ont trouvé ce délai rapide. Dans 76% la consultation était postérieure à la RCP d’environ 11 jours.
85% des consultations se déroulaient sur les trois premiers jours de la semaine, en début d’après midi pour 62% et le temps moyen dévolu à cette consultation était de 45 mn.
81% des patients étaient accompagnés par un proche.
La relation triangulaire instaurée lors de la première consultation n’a pas perturbé les patients et le sentiment de complémentarité entre médecins et infirmières a été réciproque.
Les patients ont à 85% jugé positif ou très positif ce dispositif et ont apprécié l’espace de temps accordé, la clarté des informations, la complémentarité médecin-IDE, l’accès aux soins de support, la familiarisation avec le service.
Les médecins traitants ont fait l’objet d’une attention particulière dans la communication des informations ; Ils ont été informés du contenu de la consultation dans 95% des cas dont 50% en temps réel. Ils ont trouvé à 74 % que ce dispositif leur apportait une aide appréciable.
Conclusion :
Malgré le temps nécessaire important par patient, le dispositif d’annonce, une fois installé, est jugé satisfaisant par les patients, les praticiens hospitaliers, les infirmières et les médecins traitants. L’amélioration des pratiques nécessite une organisation rigoureuse.

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Gastroenterologie

VAUT-IL MIEUX AVOIR UNE HEMORRAGIE DIGESTIVE HAUTE LE JOUR ET EN SEMAINE OU LA NUIT OU LE WEEK-END : RESULTATS D’UNE ENQUETE PROSPECTIVE DE L’ANGH

2008

S Nahon(1), A Peter (2), H Hagège (3), JP Latrive (4), B Nalet (5), I Rosa (3), B Bour (6), R Faroux (7), P Gower (8), JP Arpurt (9); J Denis (10); J Henrion (11), A Pariente (11) et groupe HDH-ANGH
(1) Montfermeil, (2) Colmar, (3) Créteil, (4) Compiègne, (5) Montélimar, (6) Le Mans, (7) La-Roche-Sur-Yon, (8) Valenciennes, (9) Avignon, (10) Évry, (11) Jolimont , (12)Pau

Gastroentérologie –  2008-09-07 – CO –

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Présentation du sujet :
La réalisation d’une endoscopie digestive haute en urgence la nuit ou le week-end est souvent difficile en raison de l’absence le plus souvent d’une aide opératoire à la réalisation des gestes techniques. Le but de notre travail est d’étudier les conditions de réalisations et les facteurs pronostiques des HDH survenant la nuit ou le week-end.

Méthodes :
De février 2005 à mars 2006, 3287 patients ont été hospitalisés dans 53 hôpitaux généraux pour une HDH ; les données épidémiologiques et pronostiques ont été prospectivement saisies dans une base de donnée. Chaque praticien notait l’heure de réalisation de l’endoscopie et si celle-ci est réalisée la nuit ou le week-end. Les données pronostiques (caractéristiques de l’hémorragie selon la classification de Forrest) et pronostique (score de Rockall) était colligées. Résultats : parmi les 3287 patients inclus, nous avons retenu 3083 patients ayant eu une endoscopîe. 687 patients ont eu une endoscopie la nuit ou le week-end. Les résultats seront présentés en détail à Vannes.

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Gastroenterologie

Hémorragie digestive, la salade montalbanaise !

2008

Jean-Louis Payen, Max Pierre Nicolas, Florian Busato,
Miguel Carreiro, Patrick Lheureux.
Pôle médico-chirurgical viscéral, secteur médical de l’hôpital de Montauban BP 765 82013 Montauban Cedex.

Gastroentérologie –  2008-05-20 –  –

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M. T. Bernard, âgé de 56 ans s’est présentée aux urgences de l’hôpital de Montauban une nuit de mars 2007 pour des rectorragies abondantes.

Dans ses antécédents on notait un diabète non insulino-dépendant évoluant depuis quelques années, la notion d’un épisode de méléna en 1996, dont l’exploration avait mis en évidence de rares diverticules du colon et une hernie hiatale par glissement.

Son histoire avait débuté dans la nuit avec l’apparition de violentes douleurs abdominales épigastriques, puis étaient survenue des selles noires suivies des rectorragies.
L’interrogatoire permettait d’éliminer la prise de gastro-toxique, mais le patient nous apprenait qu’il avait mangé, la veille au soir, un énorme saladier de salades mélangées.
Le bilan biologique retrouvait une anémie, normochrome, normocytaire à 7g/dL, une légère élévation de l’urée sanguine.
Après les manœuvres de réanimation habituelles, nous pratiquions en urgence et sans anesthésie, d’abord une gastroscopie, qui ne retrouvait pas de sang dans les cavités explorées, seul un diverticule d’allure banal dans la région papillaire était constaté, puis une coloscopie de réalisation difficile compte tenu du méléna très frais qui tapissait la muqueuse, elle ne permettait pas de localiser le saignement.
Le malade fut transféré en réanimation où 6 culots globulaires furent transfusés afin de stabiliser son taux d’hématocrite à 25 % ; là, nous pratiquâmes de nouveau, après une bonne préparation par PEG : une gastroscopie et une coloscopie, aucune lésion n’était retrouvée en dehors de quelques diverticules du colon gauche déjà connus et sans signe d’hémorragie récente.
L’hémorragie étant tarie, nous demandions alors la réalisation d’un entéro-scanner, cet examen d’imagerie mis en évidence de très nombreux diverticules du jéjunum et de l’iléon. Les suites furent simples et la patient pu retourner rapidement à son domicile.
Nous proposions alors de conclure à une hémorragie digestive liée à des diverticules de l’intestin grêle, probablement favorisée par le repas très atypique de la veille ; nous suggérions que le premier épisode de 1996 était de la même origine.

Ce cas clinique permettra de faire le point sur une cause exceptionnelle d’hémorragie digestive, notamment sur les examens diagnostiques à envisager (entero-scanner, vidéocapsule, artériographie …), sur la conduite à tenir thérapeutique avec l’éclairage des données de la littérature sur le sujet.

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Gastroenterologie

Hémorragies digestives basses aiguës : résultats préliminaires d’une étude de l’ANGH sur plus de 1500 malades

2008

Groupe hémorragies digestives basses de l’Association Nationale des Hépato-Gastroentérologues des Hôpitaux Généraux de France (ANGH)
Presentation B Bour CH Le Mans

Gastroentérologie –  2008-09-07 – CO –

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Buts du travail .
Décrire les caractéristiques épidémiologiques actuelles des hémorragies digestives basses aiguës (HDBA) ainsi que les pratiques professionnelles, la morbidité et la mortalité hospitalière.

Méthodes.
Du 1er janvier au 31 décembre 2007, dans 102 centres de l’ANGH, les patients ayant une HDBA ont été inclus de façon prospective dans cette étude. De multiples données cliniques, biologiques et endoscopiques ont été recueillies jusqu’à la sortie.

Résultats.
2544 patients ont été inclus. L’analyse porte sur les 1766 premiers patients : 886 hommes et 880 femmes, âgés de 71,5±18,2 ans et de score ASA moyen de 2,43±0,9 (47,5% ASA >3). Le mode de révélation de l’hémorragie était des rectorragies dans 93,4% ou un méléna isolé dans 6,6% des cas, accompagnés de malaise (pression artérielle systolique (PAS) <100 mmHg ou perte de connaissance) dans 13,7%. L’hémorragie était communautaire dans 89,1% des cas.
A la prise en charge hospitalière, la PAS était de 125±27 mmHg, la fréquence cardiaque de 88±18/min. L’hémoglobinémie était de 11,6± 6 g/dl. Il existait un antécédent d’hémorragie digestive dans 13,1% des cas. Avant l’HDBA, 60,3% des patients prenaient un médicament susceptible de favoriser une HD (AINS 15,5 %, aspirine et/ou d’antiagrégants en mono ou bithérapie 44,8%, AVK 30,1%, héparine ou HBPM 9,5%). La première endoscopie basse (rectosigmoidoscopie 35,7%, coloscopie incomplète 31,2%, coloscopie totale 33,1%) était estimée contributive à localiser le site hémorragique dans 51% des cas, attribuer une cause (59,5%), retrouver des stigmates d’hémorragie (36,5%). Un deuxième endoscopie basse était réalisée dans 55% des cas. La cause de l’hémorragie était attribuée à : diverticules coliques 41.9%, tumeurs 27.9% (polypes 15.7%, cancer colique 8%, hémorragie postpolypectomie 2.2%) colites 19.4% (ischémique 10.5%, infectieuse 3.8%, post-radique 2.7, MICI 2.4%) hémorroides 11.7%, angiodysplasie 3.8%, ulcération traumatique 2.7%, inconnue 11.3%. Un geste d’hémostase était réalisé lors de la première endoscopie dans 11,8%. des cas Une transfusion de 3,7 ± 2,8 culots a été réalisée chez 37% des patients. Une récidive hémorragique est survenue chez 6,6% des patients. La morbidité hors récidive hémorragique était de 12,9%. 5% des patient ont été opérés. La mortalité hospitalière était de 3,7 %. Les facteurs prédictifs de décès étaient : hémorragie chez les « inpatients » (p<0.005), transfusion (p<0.005), traitement par héparine (<0.001) et récidive hémorragique (p<0.003)

Conclusion :
Au cours des HBDA, une prise médicamenteuse favorisante est notée dans plus de la moitié des cas. Leur cause peut être identifiée dès la première endoscopie dans près de 60% des cas. Les diverticules coliques représentent l’étiologie la plus fréquente. La poursuite de cette étude permettra une meilleure connaissance des facteurs prédictifs actuels de récidive hémorragique et de mortalité et contribuera à l’amélioration de la prise en charge des patients.

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Vie Professionnelle

Déclaration d’un événement porteur de risques en endoscopie digestive. Illustration à partir d’un cas clinique.

2008

Dupuychaffray J-P
CH ANGOULEME

Vie Professionnelle –  2008-05-22 –  –

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L’accréditation des médecins désigne un dispositif national de gestion des risques basé sur la déclaration et l’analyse des événements porteurs de risques (EPR). Le bénéfice attendu est la réduction du nombre et de la sévérité des événements indésirables liés aux soins dans les établissements de santé.
La gastroentérologie est l’une des 21 spécialités concernées par ce dispositif qui reste néanmoins un concept difficile à appréhender par le clinicien. Toutefois, pour s’engager, un hépato-gastroentérologue doit remplir deux conditions : exercer en établissement de santé, et pratiquer une activité interventionnelle en endoscopie, hépatologie, ou proctologie ; ce qui revient à dire en pratique que tous les praticiens hospitaliers spécialisés en hépato-gastroentérologie sont concernés par ce dispositif.
Notre démarche est fondée sur l’analyse d’une prise en charge endoscopique simple, et a pour objet de rendre explicite ce concept qui n’est finalement pas si éloigné qu’on le pensait de la pratique quotidienne. Un hépato-gastroentérologue qui s’engagerait dans le processus pourrait en retirer deux bénéfices, l’un clinique par l’amélioration de sa pratique, l’autre professionnel par la validation de ses obligations. Il recevrait alors de la Haute Autorité de Santé un certificat personnel d’accréditation et validerait de facto son obligation d’Evaluation des Pratiques Professionnelles (EPP).

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Hepatologie

Lithiase biliaire symptomatique associée à la mutation du gène ABCB4/MDR3. Expérience dans la population non sélectionnée d’un hôpital général.

2008

B. Condat (1), D. Zanditenas (1), M.P. Hauuy (2), Y. Ngo (1), L. Dugue (3), A. Maftouh (3), C. Balian (3), J. Bonnet (1), K. Arnouni (2), A. Charlier (3), V. Collot (2), M. Blazquez (1).
(1) Service d’Hépatogastroentérologie, (2) de Radiologie et (3) de chirurgie viscérale, Hôpital Saint Camille, Bry-Sur-Marne.

Hépatologie –  2008-05-27 –  –

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Une mutation du gène ABCB4/MDR3 responsable du syndrome « Low Phospholipid Associated Cholelithiasis » (LPAC) est présente dans la moitié des cas de maladies lithiasiques biliaires symptomatiques associant au moins 2/3 critères suivants: (1) premiers symptômes avant 40 ans, (2) récidive après cholécystectomie, (3) matériel hyperéchogène intrahépatique (spots ou calculs).
Cependant ces conclusions reposent sur une seule étude de patients sélectionnés.
Buts: (1) Confirmer le taux de mutation MDR3/ABCB4 quand il existe ≥2 critères de LPAC, (2) Etudier le phénotype des patients ayant ≥2 critères sans mutation, (3) Evaluer la prévalence du syndrome LPAC dans une population non sélectionnée.
Une mutation du gène ABCB4/MDR3 responsable du syndrome « Low Phospholipid Associated Cholelithiasis » (LPAC) est présente dans la moitié des cas de maladies lithiasiques biliaires symptomatiques associant au moins 2/3 critères suivants: (1) premiers symptômes avant 40 ans, (2) récidive après cholécystectomie, (3) matériel hyperéchogène intrahépatique (spots ou calculs).
Cependant ces conclusions reposent sur une seule étude de patients sélectionnés.
Buts: (1) Confirmer le taux de mutation MDR3/ABCB4 quand il existe ≥2 critères de LPAC, (2) Etudier le phénotype des patients ayant ≥2 critères sans mutation, (3) Evaluer la prévalence du syndrome LPAC dans une population non sélectionnée.
Patients et méthodes: La mutation ABCB4/MDR3 a été recherchée si un syndrome LPAC était cliniquement évoqué. Les 15 patients (13 femmes et 2 hommes) ayant eu (1) la recherche de la mutation ABCB4/MDR3 à l’hôpital Saint Camille en 2006 et 2007 et (2) une cholangio-IRM éliminant une maladie des voies biliaires ont été inclus.
Par ailleurs, nous avons fait l’hypothèse que le nombre de cholécystectomie est proche du nombre de lithiases symptomatiques vues pendant la même période.
Résultats:
Huit patients avaient ≥2 critères de LPAC (groupe A) et 7 avaient ≤1 critère (groupe B). Une mutation ABCB4/MDR3 a été retrouvée chez 4/8 (50%) patients du groupe A contre 0/7 (0%) patients du groupe B (p<0,05).
Les caractéristiques des 4 patients du groupe A sans mutation, des 4 patients du groupe A avec une mutation et des 7 patients du groupe B étaient les suivantes, respectivement: (1) âge des premiers symptômes biliaires: 25, 26 et 55 ans ; (2) antécédents familiaux au premier degré de lithiase symptomatique avant 40 ans: 75%, 75% et 29% ; (3) association de lithiase vésiculaire et hépatique: 100%, 75% et 0% ; (4) douleurs biliaires subintrantes ou répétées: 100%, 75% et 0% ; (5) influence de la grossesse et/ou des œstroprogestatifs: 3/3, 2/3 et 0/3 patientes concernées et (6) antécédents de cholestase gravidique: 1/2, 2/3 et 0/3 patientes concernées.
En 2005 et 2006, la proportion de patients de tous âges et de moins de 35 ans mutés ABCB4/MDR3 par rapport au nombre de cholécystectomie aux mêmes âges, était de 4 pour 391 (1%) et 4 pour 63 (6%), respectivement.
Conclusions:
Nous confirmons que la moitié des patients avec ≥2 critères de LPAC sont porteurs d’une mutation MDR3/ABCB4.
Les patients avec ≥2 critères de LPAC non mutés MDR3/ABCB4 ont un phénotype identique en tous points à celui des patients mutés MDR3/ABCB4. De nouvelles mutations doivent être recherchée chez ces patients.
En cas de lithiase symptomatique non sélectionnée avant 35 ans la fréquence de la mutation MDR3/ABCB4 semble être au minimum de 6%, et celle du phénotype de LPAC au minimum de 12%.

Rosmorduc et al. Gastroenterology 2003;125:452-459

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Gastroenterologie

FAISABILITE ET APPORT DIAGNOSTIC DU COLOSCANNER A L’EAU DANS LE BILAN D’UNE HEMORRAGIE DIGESTIVE BASSE EXTERIORISEE OU NON CHEZ LA PERSONNE AGEE SOUS ANTICOAGULANT OU ANTIAGREAGANT

2008

Nahon S, Lequoy M, Caugant H, Poupardin C, Jouannaud V, Cimbalista M, Lesgourgues B

Gastroentérologie –  2008-05-29 –  –

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Présentation du sujet : la réalisation d’une coloscopie n’est pas toujours aisée chez la personne âgée présentant une cardiopathie nécessitant un traitement antiagrégant ou anticoagulant. En effet, l’anesthésie, la préparation pour la coloscopie et l’arrêt du traitement peuvent compromettre le pronostic cardiaque. But de l’étude : évaluer la faisabilité et l’apport diagnostic du coloscanner à l’eau en première ligne dans le bilan d’un saignement digestif extériorisé ou non chez la personne ^qgée. Méthode : de juin 2007 à juin 2008, nous avons réalisé un coloscanner à l’eau en première ligne pour une anémie ferriprive (x=), une rectorragie (y=), un hemoccult positif (z=) chez N patients (H/F, âge moyen) ayant une cardiopathie. Le coloscanner a été réalisé après une préparation la veille par 2 sachets d’XPREP dilué dans 1 verre d’eau et 1 lavement la veille et le jour du scanner. Une opacification rétrograde du colon par de l’eau était réalisée. Une endoscopie œsogastroduodénale était effectuée avant le scanner pour éliminer une lésion du tractus digestif supérieur. Résultats : les résultats seront présentés après analyse statistique complète.

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Gastroenterologie

Les médecins hospitaliers face au dépistage du cancer colorectal

2008

Paul Strock (1), Joel Mossong (2), Jos Weber (1), Jean-Marie Weydert (1), Andre Kerschen (1)
1 HepatoGastroentérologie, Centre Hospitalier de Luxembourg, Luxembourg
2 Biostatistiques, Laboratoire National de Santé, Luxembourg
Centre Hospitalier de Luxembourg, 4 rue Barblé, L-1210 Luxembourg, Tél. 00 352 4411 2258
Mél: Strock.paul@chl.lu

Gastroentérologie –  2008-05-30 –  –

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Introduction: Au Luxembourg, le cancer colorectal (CCR) est la 2e cause de cancer. Les examens de dépistage recommandés chez les personnes asymptomatiques sont une coloscopie tous les 10 ans à partir de 50 ans, ou, alternativement, un test hémoccult annuel. Cependant, il n’y a pas de programme de dépistage organisé. Une campagne d’information nationale destinée au grand public a eu lieu début 2005. Les données de la sécurité sociale suggèrent qu’environ 22% de la population de plus de 50 ans a eu une coloscopie totale durant les 10 années précédentes.
Une analyse des CCR diagnostiqués dans notre service durant le 1er semestre de 2006 a montré que 88% ont été découverts à un stade symptomatique. En outre, 73% de ces patients auraient pu bénéficier d’un dépistage du CCR auparavant et avaient consulté au moins une fois dans notre hôpital durant les 5 années précédentes.

But et méthodes: Nous avons évalué l’attitude face au dépistage du CCR des médecins spécialistes hospitaliers (MSH), toutes spécialités confondues, par questionnaire avant et après une campagne d’information dans notre hôpital. Deux questionnaires papier (« avant » et « après ») ont été mis au point, puis validés sur un échantillon d’internes. Ces questionnaires ont été envoyés à tous les médecins seniors de l’hôpital, suivis chacun de 2 rappels à 15 jours d’intervalle. La 2e enquête a eu lieu 12 mois après la première. La participation était de 55% (84/154) et 51% (90/176) aux 2 enquêtes respectivement.

Résultats:
Enquête 2006 “avant”: La connaissance de leurs antécédents familiaux par les MSH était meilleure en ce qui concerne le CCR que les adénomes colorectaux (positif : 26 % et 18%, négatif : 71% et 57%, ne sait pas : 2 et 23%). 32% des MSH avaient plus de 50 ans. La grande majorité des MSH adhérait personnellement au dépistage du CCR : 21% en avaient déjà fait un, et 69% prévoyaient de le faire dans l’avenir. Seuls 10% ne souhaitaient pas de dépistage du CCR pour eux-mêmes. Les tests que les MSH choisissaient pour eux-mêmes sont résumés dans le tableau 1. Il n’y avait pas de différence avec les tests qu’ils proposaient à leurs patients. La connaissance des recommandations en matière de dépistage du CCR était correcte. Le début du dépistage devait se situer entre 45 et 55 ans pour 85% des MSH et 86% affirmaient que les tests, mêmes négatifs, devaient être répétés périodiquement. Cependant 12% des MSH citaient les marqueurs tumoraux biologiques comme test de dépistage du CCR. Seulement 43% des MSH conseillaient le dépistage du CCR souvent ou régulièrement à leur famille et amis. Ces chiffres n’étaient pas différents en ce qui concerne les recommandations à leurs patients.
Enquête 2007 “après“: 44% des MSH qui répondaient au questionnaire avaient plus de 50 ans, et 21% étaient des femmes. L’attitude personnelle envers le dépistage était inchangée: 88% des MSH avaient déjà subi un test de dépistage ou pensaient en faire un dans l’avenir. Parmi les MSH n’envisageant pas de faire un test de dépistage, il y avait une prédominance parmi ceux âgés de moins de 50 ans (22% vs. 3%, p=0.038). Les méthodes de dépistage préférées avaient évolué (tableau 1, p<0.05). 50% des MSH recommandaient maintenant le dépistage du CCR à leurs patients, contre 40 % auparavant, mais cette différence n’était pas significative. Les facteurs limitants cités étaient manque de temps (19%), manque d’informations (8%), exercice d’une spécialité sans rapport avec l’appareil digestif (20%), manque d’intérêt des patients (18%), peur de la part des patients (18%).Tous les MSH considéraient que le dépistage était efficace pour diminuer la mortalité par CCR.
Durant les 6 mois après la campagne nationale de sensibilisation de 2005, le nombre de coloscopies totales réalisées dans notre service augmentait de 15%. En 2006, leur nombre redescendait au niveau de 2004. Durant les 6 mois après notre campagne d’information interne, le nombre de coloscopies augmentait à nouveau de 11%. Même si les indications et la pertinence de ces coloscopies en ce qui concerne le dépistage du CCR ne sont pas connues, l’effet de ces campagnes d’informations ne parait guère soutenu.

Tableau 1 :
Examens de dépistage préférés 2006 2007
Coloscopie 67% 82%
Hémoccult 23% 38%
Coloscopie virtuelle et radiologie 15% 4%
Marqueurs tumoraux sériques 12% 4%

Conclusion:
1. Une large majorité des MSH adhère personnellement au dépistage du CCR, cependant ils ne sensibilisent que peu souvent leurs patients, familles et amis à ce dépistage.
2. Des campagnes d’informations isolées destinées au grand public ou aux MSH n’ont qu’un impact limité sur le dépistage du cancer colorectal par coloscopie. Seul un dépistage organisé systématique pourrait augmenter de façon durable la participation au dépistage, mais l’impact de cette attitude doit être évalué.

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Gastroenterologie

Hémorragies digestives (HD) et antiagrégants plaquettaires (AAP). Enquête observationnelle hospitalière nationale: A propos de 1010 malades. Comparaison des résultats en fonction de l’origine des patients (CHU ou CHG).

2008

B. Nalet*1, J. Bretagne2, G. Lesur3, B. Bour4, C. Soufflet5, P. Barthélemy5
1-CH Montélimar 2-CHU Rennes 3-CHU Boulogne 4-CH Le Mans 5-Rueil-Malmaison.

Gastroentérologie –  2008-06-01 – Cho –

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Buts : Estimer le taux de prévalence et décrire les caractéristiques des HD survenant sous AAP ayant nécessité une endoscopie ; évaluer l’existence éventuelle de différences entre les patients et les modes de prise en charge dans les CHU et les CHG.
Patients et méthodes : Toutes les HD hautes et basses(HDH et HDB) vues consécutivement pendant 3 mois (à partir de Février 2007) dans 61 centres hospitaliers ont été répertoriées. Vingt malades au maximum étaient inclus dans chaque centre ce qui a permis de constituer un registre (1010 patients). Dans chaque centre, chaque investigateur incluait dans son registre vingt patients consécutifs ayant une endoscopie pour HDH et ou HDB. Les 6 premiers patients ayant pris un traitement par AAP dans les 7 jours précédant l’hémorragie (initiation ou traitement chronique) et quelle que soit la durée de la prise, à savoir : aspirine < 320 mg/j, clopidogrel , ticlopidine, ou une association étaient sélectionnés pour la cohorte (297 patients).
Parmi les 61 centres ayant participé à cet observatoire, il y avait 45 services de CHG et 16 services de CHU.718 patients provenaient d’un CHG et 292 d’un CHU. Nous avons comparé dans le registre et la cohorte les caractéristiques des patients selon le type d’établissement d’origine. Les modes de prise en charge n’ont été analysés qu’à partir des patients de la cohorte.
Résultats: Le registre se composait de 605 hommes et 405 femmes avec un âge moyen de 69,7±16,3 ans. Dans les CHU, la proportion des hommes était plus élevée que dans les CHG (66,4%/57,2%). L’âge moyen était de 69,7 ans. Il n’y avait pas de différence entre CHG et CHU pour l’âge moyen mais la proportion de patients âgés de plus de 75 ans était plus élevée en CHG (49,9%/42,8%).Chez les patients prenant des AAP cette proportion était la même dans les deux types de structures.
Dans le registre, l’hémorragie était plus souvent hospitalière en CHU (21,7%/17,3%) mais il n’y avait pas de différence dans la cohorte des patients traités par AAP.
33,5% des patients prenaient un AAP .Il n’y avait pas de différence concernant la fréquence de la prise associée d’AAP ou d’autres traitements susceptibles de favoriser les hémorragies mais on constatait un plus grand pourcentage de patients traités en monothérapie par clopidogrel dans les CHG (8,4%/4,6%)et un plus grand nombre de patients avait un traitement associé par IPP en CHU ( 14,7%/8,8%).
Les causes d’HDH étaient identiques en fréquence à l’exception des ulcères gastriques plus nombreux,en CHU (14,9%/6,2%). Pour les HDB, seule différait la fréquence de la diverticulose (14,6% en CHG/ 7,6% en CHU).
Dans la cohorte des patients avec AAP, on retrouve la plus grande fréquence des ulcères gastriques en CHU (29,6%/12,8%) ; l’oesophagite érosive est plus souvent en cause en CHG(15,5%/4,2%) ; la diverticulose est toujours plus présente comme cause d’HDB en CHG ( 25,6%/12,7%).
Dans le registre, les patients avaient plus souvent une endoscopie oesogastroduodénale en CHU ( 85%/73%) et plus souvent une coloscopie partielle en CHG (18,5%/12%).Ces gestes étaient souvent associés à une autre exploration. Ces différences se retrouvent dans la cohorte : endoscopie OGD isolée (66,2% CHU/ 46,4% CHG) et coloscopie partielle isolée ( 2,8% CHU et 19,5% CHG).
L’analyse des traitements endoscopiques n’a été réalisée que sur la cohorte : au moins un geste endoscopique a été pratiqué deux fois plus souvent en CHU(20,8%/39,4%).
Il n’y a pas eu de différence pour le nombre de patients transfusés, le volume des transfusions et le recours chirurgical. Dans la cohorte 4,9% des patients sont décédés en CHG et 2,8% en CHU.
Conclusion : Dans cette enquête observationnelle, nous n’avons pas constaté de différence importante entre les caractéristiques des patients ayant une HD et leur modalité de prise en charge qu’ils soient vus en CHU ou en CHG. Cependant, les patients des CHG étaient un plus âgés, prenaient plus de Clopidogrel, moins d’IPP que les patients des CHU. Ils avaient moins souvent des UG pour expliquer les HDH et plus souvent une diverticulose comme cause suspectée d’HDB. La thérapeutique endoscopique était plus fréquente en CHU sans incidence sur la mortalité par HD dans la cohorte des patients sous AAP.

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Hepatologie

Guérison miraculeuse d’une cirrhose terminale virale C (cas clinique)

2008

Mehran HOWAIZI, Pierre AKUE-GOEH, Fadi HAYDAR, Emmanuel LAPOILE, Françoise MAURER-CHAGRIN

Hépatologie –  2008-06-04 –  –

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Un patient de 71 ans d’origine maghrebine était hospitalisé en mai 2005 en raison d’une cirrhose décompensée au stade child-pugh C 11. Il n’avait pas d’antécédents marqués ni de notion d’alcoolisation ou de transfusion.
L’examen d’entrée montrait ; une ascite abondante, une encéphalopathie hépatique ainsi qu’un état de dénutrition évoluant depuis quelques semaines.
Le bilan biologique montrait une albuminémie à 20 g/L, HG 100G/L, Plaquettes 100G/L, ALT 55U/L, AST60U/L, bilirubine 30µmol/L, PAL 262 UI/L, GGT 89UI/L, TP 19.5 sec. L’ionogramme et le reste du bilan étaient normaux. La sérologie VHC était positive et la charge virale était de 1221700 UI/ML de génotype 2a. L’alpha foetoprotéine était normal et l’échographie ne retrouvait pas de CHC.
Une monothérapie par Ribavirine était instaurée à raison de 1000 mg/J et stoppée 1 mois plus tard en raison de vertiges et de lombalgies attribués par le malade au traitement. Dans les suites, l’ascite et l’encéphalopathie ont progressivement disparu parallèlement à la normalisation complète et persistante du bilan biologique et la négativation de la charge virale à 3, 6, 24, 36 mois.

La prise en charge d’une hépatite virale C au stade de cirrhose décompensée est un challenge en raison de la mauvaise tolérance du traitement qui souvent ne peut être mené à terme. Le nombre d’essai de traitement antiviral au cours des cirrhoses décompensées est limité. Les complications sont notées dans 60 à 87% conduisant à l’arrêt thérapeutique. La transplantation reste dans la majorité des cas le seul recours thérapeutique efficace. Bien que Le génotype 2 du VHC est celui qui réponde le mieux au traitement antiviral, son éradication après seulement 1 mois de ribavirine n’a jamais été rapportée notamment au cours d’une cirrhose terminale.
Ce cas illustre la place de la monothérapie ribavirine au cours des cirrhoses décompensées pouvant conduire à une Reponse Virale Soutenue et une régression salutaire de l’hépatopathie. Un essai multicentrique au cours des cirrhoses virales C décompensées reste utile notamment en testant un traitement crescendo (monothérapie Ribavirine à dose progressive puis si l’état du sujet le permet, son association à l’interféron à dose progressive).