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Les soins palliatifs au sein du service d’hépato gastroentérologie du CHG de Cholet. Analyse de l’activité, du mode de fonctionnement et du bénéfice rendu.

2013

M. Kaassis, F. Alabert, J. Baudon, YH. Lam, JP. Sommereisen, M. Verrier, B. Terrien, J. Liard, AL. Salimon, M. Helbert, avec l’ensemble du personnel soignant du service d’hépato gastroentérologie et de l’unité mobile de soins palliatifs. CH Cholet.

Vie Professionnelle –  2013-05-12 – CO –

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But : recenser et présenter l’activité de soins palliatifs (SP) au sein du service d’hépato gastroentérologie du CH de Cholet.
Patients et service : le service d’hépato gastroentérologie (HGE) comporte 30 lits d’hospitalisation. A cela s’ajoutent les lits d’hospitalisation de jour, de semaine et de chimiothérapie. 4 lits de SP sont identifiés dans le service. Il n’y a pas de service uniquement de SP au CH de Cholet mais des lits dédiés (4 en HGE, 3 en pneumologie et gériatrie). Dans le service d’hépato gastroentérologie, 1 infirmière (IDE) et 1 aide soignante (AS) en binôme s’occupent spécifiquement et uniquement des patients en SP (de 8h-30-17h30). 2 IDE et 2 AS ont passé le DU de SP. L’ensemble des IDE fonctionne en « roulement » pour s’occuper de cette activité et partager la surcharge émotionnelle. Le travail s’effectue en lien avec l’équipe mobile de soins palliatifs du CH de Cholet (comprenant 2 PH, 2 IDE, 2 psychologues), avec l’aide d’une socio esthéticienne, d’une assistante sociale, de l’équipe de kinésithérapeutes, des diététiciens. Des associations de bénévoles participent à l’écoute (JALMAV). 1 staff hebdomadaire a lieu avec l’ensemble des équipes soignantes pour discuter les dossiers et prendre les décisions. Ces décisions, le nom de la personne de confiance et les directives anticipées sont recueillies et tracées.
Résultats : 91 RUM avec SP comme diagnostic principal ont été retenus en 2012 dans notre service (soit 51% de l’activité de SP au sein du CH de Cholet). En diagnostics associés, on retenait 46 RUM soit un total de 137 RUM de SP, représentant 10.8 % de l’activité du service ; les SP occupant la première place de notre activité. La durée moyenne de séjour était de 16.9 jours, le taux d’occupation des lits de SP de 95%. La sortie de SP se faisait : 52 % de décès, 15 % de retour à domicile avec recours à l’HAD dans 12 %, mutation vers une autre structure (33%). Parmi les RUM de SP, 90 % concernaient les cancers. La valorisation T2A était de 7211 € en moyenne par séjour mais avec des dépenses difficiles à évaluer. L’entrée en SP des patients était validée dans le service après discussion collégiale. L’activité de SP était tracée sur une fiche spécifique associant : antalgie, nursing, soins corporels, temps d’écoute, prise en charge psychologique, accueil de la famille, décisions collégiales de sédation terminale. Cette activité dédiée permet une prise en charge complète et satisfaisante des patients en phase terminale avec du temps spécifique d’accompagnement. Le ressenti des patients et des familles semble très favorable. Les points à améliorer dans notre service comportent la taille des chambres et leurs équipements ainsi qu’une salle de famille mieux adaptée. De plus, la Loi dite Léonnetti reste mal connue des patients et des professionnels de santé du CH ; aussi, des actions pour mieux la connaître sont menées, avec réunions d’informations et discussions avec le grand public.
Conclusions : l’activité de soins palliatifs est importante au sein de l’unité d’hépato gastroentérologie du CH de Cholet. Avec 4 lits dédiés, une équipe IDE formée, la prise en charge a été améliorée, au bénéfice des patients et de leurs familles, avec un accompagnement fort de la fin de vie. Un temps IDE spécifique dédié de SP est un réel atout dans notre expérience et pourrait être étudié dans les différentes unités confrontées à la prise en charge de ces patients.

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Analyse prospective des événements porteurs de risques survenus dans le service d’Hépato-Gastroentérologie d’un Centre Hospitalier Général.

2012

Mercedes De Lustrac, Vladimir Andrieux, Emmanuel Driguez, Marie-Pierre Liebaert, J-Pierre Dupuychaffray ; Centre Hospitalier Angoulême.

Vie Professionnelle –  2012-08-11 – CO –

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Introduction :
Les événements porteurs de risque (EPR) se définissent comme étant des événements indésirables associés aux soins, à l’exclusion des événements indésirables graves (EIG). En évitant la dimension dramatique liée aux EIG, le travail sur les EPR pourrait permettre de fédérer une équipe autour d’une démarche collective d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins.

Objectifs :
Evaluer la faisabilité de l’analyse et obtenir une photographie des événements non souhaités rapportés au nombre de journées d’hospitalisation
Préciser les facteurs qui ont permis de récupérer la situation et de réduire l’impact sur le patient
Evaluer le caractère évitable de l’événement et définir d’éventuelles barrières de prévention
Evaluer les résultats de l’étude en tant que site pilote, en concertation avec la Commission Risques Inter Spécialités de la HAS
Répondre aux obligations des établissements de santé et Présidents de CME d’élaborer un programme d’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins intégrant les modalités de signalement des événements indésirables
Permettre de construire une démarche de DPC pour tous les professionnels de l’équipe participant à ce travail

Méthodes :
Enregistrement prospectif des EPR dans un registre conservé au PC infirmier
Etude limitée à l’unité d’hospitalisation complète du service d’Hépato-Gastroentérologie, pour une durée de N jours consécutifs
Participation volontaire des PH et des paramédicaux ; déclaration des EPR accessible à l’ensemble de l’équipe
La déclaration : principe de l’anonymat appliqué aux patients et aux professionnels, bref résumé de l’événement avec un mot sur sa détection, sa récupération, son impact sur le patient, sa prévention, et son caractère évitable ou non

Résultats :
L’étude porte sur les EPR enregistrés sur douze semaines consécutives.
La fréquence des EPR est sous-évaluée du fait d’une participation hétérogène des professionnels, et d’un nombre de déclaration fluctuant selon les phases de motivation de l’équipe.
La détection de l’événement non souhaité a été faite par un praticien (50%), ou par un membre de l’équipe paramédicale (50%), et parfois par le patient.
Les mesures prises pour récupérer le dysfonctionnement et atténué l’impact sur le patient ont été mises en œuvre par un praticien (57%), ou par une infirmière (43%).
L’événement indésirable a été, après analyse, classé évitable dans 100% des cas.
Les principales classes d’EPR étaient : défaut de transmission d’information sensible, prescription médicamenteuse retardée ou inappropriée, report d’une procédure endoscopique, risque d’infection nosocomiale.
Les principales « barrières » de prévention issues de l’analyse étaient : cohésion et stabilité de l’équipe, communication entre professionnels, planification des tâches (programmation bloc), contrôle croisé des prescriptions informatisées, sensibilisation répétée de l’équipe à la gestion des risques.

Conclusions :
La gestion des risques en équipe déclinée dans un service de soins est un objectif accessible, capable d’améliorer les conditions de prise en charge des patients, et qui a du sens en impliquant l’ensemble des professionnels pour donner à leur service un label qualité.
Le rôle des paramédicaux est essentiel dans la détection et dans la récupération des dysfonctionnements, la plupart des EPR sont évitables.
Ce travail en équipe sur les EPR devrait être prochainement facilité par la HAS par la mise à disposition de sa base de retour d’expérience et par la convergence à venir avec les programmes d’accréditation des médecins.
La HAS souhaite promouvoir ce programme de gestion des risques en équipe permettant une extension aux paramédicaux des modèles développés dans les spécialités médicales, et en faire un programme intégré de DPC privilégié.
Ainsi, chaque paramédical pourrait valider son DPC, chaque médecin pourrait à la fois être accrédité dans sa spécialité et valider son DPC.

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Payer les médecins « à la performance » : une fausse bonne idée ?

2012

Alex Pariente, Jean-Pierre Dupuychaffray (Pau, Angoulême)

Vie Professionnelle –  2012-08-11 – CF –

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Le paiement à la performance (P4P chez les anglophones) a été introduit en 1995 dans les hôpitaux d’anciens combattants étasuniens, en médecine générale en Grande Bretagne en 2004, « testé » sous la forme du « CAPI » (Contrat d’ Amélioration des Pratiques Individuelles) en France par la Caisse Primaire d’ Assurance Maladie à partir de 2008 puis introduit dans la convention médicale signée le 31 Juillet 2011, pour les médecins généralistes et 4 spécialités (dont la gastroentérologie). Il fait partie des « nouvelles » mesures de gestion hospitalières introduites depuis HPST.
L’analyse de la littérature, incluant plusieurs méta-analyses, montre cependant que le P4P n’est pas efficace. En l’absence d’études randomisées, on est obligé d’utiliser des comparaisons historiques ; il est alors essentiel de tenir compte du rythme d’amélioration de la prise en charge des patients avant la mise en place du P4P. Quand cette précaution est prise, on voit que, en médecine générale le P4P n’améliore pas, ou peu et transitoirement les objectifs prédéfinis. Pire, il y a un effet rebond si on arrête le P4P pour tel ou tel critère. Une étude étasunienne récente comparant 252 hôpitaux adhérents à un programme de P4P à 3363 n’y adhérent pas sur une période de 6 ans ne montre aucune différence dans l’amélioration de la mortalité après infarctus du myocarde, pontage coronaire, insuffisance cardiaque ou pneumonie, y compris chez les hôpitaux les moins performants au départ.
Le P4P a de plus des effets pervers : il consomme du temps médical pendant la consultation, il détourne les médecins vers « ce qui paye », fait exclure les « mauvais malades » n’obtenant pas de bons résultats , diminue l’ accès des malades graves à l’hôpital quand un quota est atteint , déplace l’intérêt professionnel vers l’ intérêt financier, peut faire tricher (effets de seuil), augmenter la méfiance vis à vis des caisses (le retour des résultats obtenus ne permet pas d’identifier ses malades ), la méfiance des malades vis à vis des médecins et finalement les mentalités.
Le P4P est très coûteux: outre le supplément de revenus pour les médecins (en moyenne 3000 €/an pour les médecins généralistes adhérents au CAPI), il faudrait compter la très lourde structure informatique de gestion, son entretien, et le coût (en temps et en argent) des inévitables conflits.
Le loup informatique est déjà dans la bergerie. Aux Etats Unis, où l’implantation du dossier médical informatisé (EMR) bat son plein (avec une subvention de 44.000 $ par médecin !), ces systèmes incluent déjà non seulement les systèmes de P4P par indicateur, mais aussi des « outils de décision clinique » (CDS) par situation…De ce genre d’aide à la soumission, il n’ y pas loin.
En conclusion, le P4P n’est au mieux que transitoirement efficace, surtout pour les médecins n’ayant pas un bon score au départ, a un spectre limité, n’a pas été directement comparé à d’autres techniques, est très coûteux, et a des effets pervers risquant de dégrader la relation médecin-malade.
Le P4P n ‘est décidément pas une bonne idée, et ce n‘est pas en le rebaptisant en P4Q (Payment For Quality) qu’on le rendra meilleure. Si on respectait les critères de l’ Evidence Based Medicine, le P4P n’aurait pas l’utilisation de mise sur le marché !

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La Loi Léonetti, relative aux soins palliatifs des patients en fin de vie, est-elle connue des personnels soignants ? Résultats d’une enquête au CHG de Cholet.

2011

Bernard Terrien, Mehdi Kaassis, Caroline Jezzine, Maryse Verrier.
Hépato Gastro Entérologie, Centre Hospitalier, Cholet.

Vie Professionnelle –  2011-04-28 – PW –

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Objectifs : La loi Léonetti, publiée 2005, régit la prise en charge des patients en soins palliatifs. Pour qu’une loi soit appliquée, encore faut-il qu’elle soit connue. Notre étude avait pour but d’évaluer la connaissance de cette loi au sein du personnel soignant du CH de Cholet.
Méthodes : D’avril à mai 2009, un questionnaire était envoyé à 198 personnels de santé (médecins, infirmier(e)s, aides-soignant(e)s) de différents services du CH de Cholet : pneumologie, réanimation, hépato-gastroentérologie, médecine interne, neurologie-rhumatologie, urgences, gériatrie, cardiologie, orthopédie, chirurgie viscérale.
Cinq questions étaient posées : 1- Connaissez-vous la loi ? 2-Avez-vous reçu des informations concernant les acquis de cette loi ? 3-Ces informations vous semblent-elles suffisantes ? 4-Pourriez-vous dire que vous connaissez cette loi ? 5-Seriez-vous demandeurs d’informations complémentaires concernant cette loi ?
Résultats : le taux de retour des questionnaires était de 53 % (24 % des médecins, 82 % des infirmières, 62 % des aides-soignantes). 80 % ne connaissaient pas la loi. 94 % des personnels interrogés étaient demandeurs d’informations complémentaires. Les informations semblaient suffisantes dans seulement 7 % des cas. 70 % n’avaient pas reçu d’informations concernant les apports nouveaux de la loi et 94 % étaient demandeurs d’informations complémentaires. Les chiffres étaient globalement comparables entre médecins, infirmières et aides-soignantes.
Conclusions : La loi Léonetti est mal connue, au de CH de Cholet comme semble-t-il dans les autres Centres Hospitaliers. Mal appréhendée, elle ne saurait être appliquée dans les situations de patients en fin de vie, présentes ou à venir. Cette présentation est ainsi l’occasion d’en repréciser les principaux articles, dont tout professionnel peut avoir besoin pour la prise en charge de patients en soins palliatifs.

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Est-il possible de rentabiliser le FibroscanR dans un CHG ? L’expérience du CHG de Montauban.

2011

JL Payen, V Mascarell, M Pierre Nicolas, J Cabrière.
CHG de Montauban, pôle médico-chirurgical, BP 765 – 82013 Montauban cedex.

Vie Professionnelle –  2011-04-30 – PW –

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le FibroscanR (élastographie impulsionnelle ultrasonore) a été validé par l’HAS pour l’évaluation des hépatites chroniques virales C non traitées, sans co-morbidité chez l’adulte, et des hépatites chroniques virales C non traitées avec co-infection par le VIH chez l’adulte, et ce en combinaison avec les marqueurs sanguins non-invasifs de fibrose. Or, actuellement ces méthodes alternatives à la ponction biopsie du foie ne sont pas remboursées par la caisse primaire d’assurance-maladie. Afin de s’équiper, les hôpitaux peuvent louer ou acheter le FibroscanR ; certains soutenus par l’industrie pharmaceutique ont bénéficié d’une mise à disposition de l’appareil ce qui pose le problème de l’indépendance des praticiens. Ces différentes techniques représentent certes une évolution épistémologique mais leur accès pose actuellement des questions d’ordre éthique(1).

Le but de notre travail a été d’évaluer le seuil de rentabilité du FibroscanR afin de permettre aux centres hospitaliers généraux de s’équiper de façon indépendante.

Méthodes : le FibroscanR a été loué à la société Echosens 18 000 €/an avec un contrat de maintenance et la formation des utilisateurs. L’évaluation s’est faite sur deux années : 2009 et 2010 sachant que la location a débuté en juillet 2009. L’acte a été facturé par notre institution au coût d’une échographie abdominale soit 54 €. Les patients étaient recrutés à partir de la file active du pôle médical de l’hôpital de Montauban et d’un réseau de soins fédérant trois départements : le Lot, l’Aveyron, le Tarn-et-Garonne. Les actes étaient réalisés par un praticien au cours de ses consultations ou par une infirmière.

Résultats :
Année Nombre d’actes Recettes correspondantes
2009 (six mois) 199 10 829,70 €
2010 (douze mois) 321 17 350,20 €

Répartition géographique selon les départements en %
Département 09 12 31 32 46 47 81 82
% 0,3 2,0 2,8 0,6 9,6 0,3 2,7 81,2

Conclusion : si on considère uniquement le coût de la location du FibroscanR, il est possible pour un centre hospitalier général d’équilibrer les recettes et les dépenses inhérentes à son utilisation. Cela nécessite toutefois de pratiquer au moins 333 examens par an, justifiant donc soit d’une importante file active propre au centre, soit d’un bon réseau pour assurer le recrutement des patients.

1) Fibrotest: epistemological evolution and ethical breakthrough. Payen JL, Combis JM. Gastroenterol Clin Biol. 2004 May;28(5):460-1.

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EPP/ CHANG et ONU

2011

Agnès PELAQUIER/Bernard NALET/Henri OSMAN/Gilles d’Abrigeon (CH MONTELIMAR)

Vie Professionnelle –  2011-05-15 – CO –

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Nous nous proposons (dans le cadre d’une EPP ) d’étudier et d’évaluer les pratiques de notre service en ce qui concerne la prise en charge des ulcères et des CHC en nous basant sur les observatoires CHANGH et ONU.

Avant l’observatoire CHANG: les dossiers de CHC étaient ils tous présentés en RCP?Utilisions nous les critères de Barcelone? Faisions nous des biopsies systématiques?….

Avant l’observatoire ONU?Faisions nous des biopsies gastriques systématiques à la recherche d’HP? Quel traitement d’éradication était fait?Comment et quand était fait le contrôle de l’éradication d’HP?……

Quels actes d’amélioration avons nous pu mettre en place par la suite?Actions de prévention?de communication?

Nous nous proposons de faire un travail sur deux hôpitaux (CH de Montélimar et du Mans) en collaboration avec Mr le Dr Bour. (résultats en attente).

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OHDHAF : Observatoire Hémorragies Digestives Hautes en Afrique Francophone. Méthodes et résultats préliminaires d’une aventure africaine de l’ANGH.

2010

Hervé HAGÈGE, Bruno LESGOURGUES et Olivier NOUEL.

Vie Professionnelle –  2010-06-07 –  –

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Notre aventure africaine a commencé fin 2008, à Fès, lors du XIème congrès de l’AAFFCHGE (Association Africaine Francophone de Formation Continue en Hépato-Gastroentérologie) où l’ANGH avait été invitée à présenter son expérience sur les études multicentriques et les résultats de quelques observatoires nationaux. Cette expérience de la « vraie vie » a soulevé beaucoup d’intérêt et une adhésion unanime a été obtenue pour travailler ensemble à l’élaboration d’un observatoire à l’échelle du continent africain. Le choix du premier observatoire a porté sur les hémorragies digestives hautes qui représentent l’une des principales urgences hépato-gastroentérologiques en Afrique.
Méthodes : Un conseil scientifique composé d’hépato-gastroentérologues du Nord et du Sud a été mis en place et un observatoire simple, mais réaliste a été élaboré. A l’échelle du continent africain, il n’était pas envisageable d’utiliser comme à l’ANGH des cahiers d’observation qui transiteraient par des coordinateurs avant une centralisation des données. Il a été mis en place tout spécialement pour OHDHAF un outil de saisie via Internet, disponible partout en Afrique. Ces données sont sécurisées, avec un accès pour chaque centre à la totalité de ses inclusions. Les données sont ainsi immédiatement exploitables pour des études statistiques. Cet outil extrêmement performant pourra d’ailleurs être utilisé pour les futurs observatoires de l’ANGH. OHDHAF a obtenu des soutiens financiers industriels et institutionnels pour pouvoir démarrer. Il a été présenté à Yaoundé, en octobre 2009 au XIIème congrès de l’AAFFCHGE et a débuté le 1er janvier 2010. Entre l’idée et le début du protocole, grâce à l’enthousiasme suscité et aux soutiens rapidement obtenus, à peine 14 mois se sont écoulés. L’objectif principal de cette étude est de décrire les caractéristiques épidémiologiques actuelles des HDH communautaires et également les pratiques professionnelles, la morbidité et la mortalité hospitalière en Afrique.
Résultats : Quinze pays africains et plus de 60 centres participent à ce protocole. Après des débuts laborieux, plus de 800 patients ont été inclus en 5 mois avec un recrutement qui devient exponentiel et permet d’espérer plus de 3000 inclusions d’ici le 31 décembre 2010, date de fin des inclusions. Voici les résultats préliminaires au 21 mai 2010. 690 inclusions ont été réalisées dans 8 pays : Algérie, Burkina Fasso, Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, Maroc, Sénégal et Tchad. Il s’agissait de 421 hommes et 269 femmes âgés en moyenne de 50,4 ± 19,0 ans. L’hémorragie était révélée par une hématémèse dans 75% des cas, un méléna dans 23% des cas et une anémie aiguë dans 2% des cas. 54% des patients avaient des problèmes hémodynamiques à l’arrivée : pression artérielle systolique 100/min. L’hémoglobinémie était en moyenne à 9,3 ± 3,1 g/dl. La prise de médicaments pouvant favoriser ou aggraver l’hémorragie était peu fréquente : aspirine 12,5%, AINS 11,7%, anticoagulant 3,3%, antiagrégant plaquettaire 1,9%. Une endoscopie a été réalisée chez 88,1% des patients. Il existait un saignement actif dans 16,1% des cas et un geste d’hémostase a pu être réalisé dans 14,6% des cas. La principale cause de l’hémorragie était l’ulcère duodénal : 26,6%, puis la rupture de varices œsophagiennes ou cardio-tubérositaires: 21,8%. Seulement 60% des patients ont été hospitalisés. 37% ont été transfusés de 3,1 ± 1,7 unités. Des IPP ont été utilisés chez 60% des patients et des produits réduisant l’hypertension portale chez 6,6% des patients. Une récidive hémorragique a été observée dans 5,4% des cas et la mortalité n’a été que de 5,1%. L’hémorragie elle-même était la principale cause du décès.
Conclusion : L’ANGH s’investit dans la réalisation d’observatoires multicentriques à l’échelle du continent africain. OHDHAF est le premier observatoire de ce type. Les résultats intéressants et le fonctionnement satisfaisant permettent d’envisager pour l’ANGH d’autres aventures africaines…

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Principe de précaution en endoscopie digestive : nous sommes allés trop loin.

2010

JL Payen, M Pierre Nicolas, E Viollet, L Boudet

Vie Professionnelle –  2010-09-02 – CO –

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Ce risque se décline en deux grands types : le risque endogène et le risque exogène lié aux bactéries, champignons, virus et l’agent transmissible non conventionnel (prion). Les données de la littérature sont toutefois rassurantes concernant ce dernier risque. D’une part, la transmission bactérienne, fongique ou virale est depuis longtemps maitrisée, d’autre part, aucun cas de transmission de prion n’est à ce jour rapporté à l’endoscopie digestive. Cela tient aux avancées technologiques sur les endoscopes et aux modes de décontamination des endoscopes.
Toutefois, les procédures de décontamination se sont profondément complexifiées cette dernière décennie : circulaire de 2003, passage à l’acide péracétique, décontamination en début de programme ; or, les décisions qui ont conduit à ces nouveaux modes de prise en charge des endoscopes digestifs ne reposent pas toutes sur des données scientifiques pertinentes. Elles entrainent des troubles importants pour les professionnels de santé et représentent un coût très important et en partie injustifié pour nos institutions.
Usant du droit d’ingérence éthique et avec l’éclairage des données de la littérature, le but de cette présentation est d’argumenter auprès des membres de l’ANGH sur la justification d’une simplification importante des procédures de décontamination des endoscopes afin notamment de réduire les conséquences d’actions superflues et pourtant responsables de graves difficultés pour les professionnels de santé en charge de la décontamination, et lourdes budgétairement, sans pour autant faire prendre des risques à nos malades.
Convaincue de nos arguments, l’ANGH pourrait agir auprès de nos tutelles afin de simplifier les procédures de décontamination des endoscopes digestifs.

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Impact de la Loi HPST sur le Praticien Hospitalier

2010

JP Dupuychaffray
Président de l’Organisme Agréé EA-HGE
Hépato-Gastroentérologie CH Angoulême

Vie Professionnelle –  2010-09-04 – CO –

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Chaque praticien hospitalier a bien compris les enjeux de la nouvelle gouvernance mise en place dans les hôpitaux par les dispositions de la Loi HPST (hôpital patients santé territoire) qui concentrent le pouvoir décisionnaire sur un axe vertical passant par le ministre de la santé, le directeur général d’ARS (agence régionale de santé), et le directeur d’établissement de santé. Pourtant, la mise sous tutelle des médecins ne s’arrête pas là puisque la prise en charge des patients, qui représente le cœur de métier de la profession, fait également l’objet de contraintes en terme de qualité et de sécurité des soins.
En plus des sollicitations dont il fait l’objet pour participer à la certification de son établissement, le praticien sera également confronté aux contraintes inscrites dans les missions confiées aux ARS et les contrats d’objectifs et de moyens des établissements, et qui sont notées dans les nouvelles attributions des CME. Ces mesures encore peu connues, s’ajoutent les unes aux autres sans concertation avec les professionnels et sont mises en place sans cohérence avec la démarche individuelle de DPC (développement professionnel continu) imposée à tout médecin.
Face à ces mesures, la profession commence à s’organiser : chaque spécialité médicale et chirurgicale, à partir de ses différentes composantes, va constituer un Conseil National Professionnel, qui pilotera la réflexion et les actions relevant du DPC, adhérera à la FSM (fédération des spécialités médicales) et représentera la spécialité à la future CSI (commission scientifique indépendante).
En parallèle, une action collégiale des 21 spécialités concernées par l’accréditation individuelle des médecins se met en place avec l’appui de la HAS (Haute Autorité de Santé). Cette action devrait avoir un impact majeur pour tous les médecins exerçant en établissements de santé qu’ils soient publics ou privés. Car, bien que la version définitive du décret d’application du DPC ne soit pas encore publiée, il est aujourd’hui acté que l’accréditation est une démarche validant l’obligation de DPC. Un groupe de travail s’est donc constitué pour élargir la notion d’accréditation individuelle à celle d’accréditation des équipes ce qui apportera du sens à l’activité quotidienne des praticiens dans leur service.
Enfin, un canal d’information va être mis en place par la HAS pour inciter les directeurs d’établissement et les présidents de CME à consulter le site de la HAS et ceux des Organismes Agréés-Accréditation (OA-A). Ces données seront également transmises aux ARS pour leur montrer l’intérêt qu’elles auraient à bâtir leurs actions régionales par l’intermédiaire des OA-A.
En dehors de l’accréditation, les autres démarches ne sont pas encore clairement définies, les médecins restent vigilants car ils redoutent de se voir imposer des contrats individuels ou collectifs de normalisation de leurs pratiques sous couvert de validation gracieuse de leur obligation de DPC.
L’objectif pour la profession est simple, permettre aux médecins de garder la maîtrise des démarches de qualité et de sécurité des soins car ils sont les mieux placés pour les définir en terme de pertinence dans chaque spécialité ; ces démarches, si elles sont suffisamment structurées devraient également satisfaire les exigences locales et régionales évitant ainsi aux praticiens de les subir.

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Déclaration d’un événement porteur de risques en endoscopie digestive. Illustration à partir d’un cas clinique.

2008

Dupuychaffray J-P
CH ANGOULEME

Vie Professionnelle –  2008-05-22 –  –

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L’accréditation des médecins désigne un dispositif national de gestion des risques basé sur la déclaration et l’analyse des événements porteurs de risques (EPR). Le bénéfice attendu est la réduction du nombre et de la sévérité des événements indésirables liés aux soins dans les établissements de santé.
La gastroentérologie est l’une des 21 spécialités concernées par ce dispositif qui reste néanmoins un concept difficile à appréhender par le clinicien. Toutefois, pour s’engager, un hépato-gastroentérologue doit remplir deux conditions : exercer en établissement de santé, et pratiquer une activité interventionnelle en endoscopie, hépatologie, ou proctologie ; ce qui revient à dire en pratique que tous les praticiens hospitaliers spécialisés en hépato-gastroentérologie sont concernés par ce dispositif.
Notre démarche est fondée sur l’analyse d’une prise en charge endoscopique simple, et a pour objet de rendre explicite ce concept qui n’est finalement pas si éloigné qu’on le pensait de la pratique quotidienne. Un hépato-gastroentérologue qui s’engagerait dans le processus pourrait en retirer deux bénéfices, l’un clinique par l’amélioration de sa pratique, l’autre professionnel par la validation de ses obligations. Il recevrait alors de la Haute Autorité de Santé un certificat personnel d’accréditation et validerait de facto son obligation d’Evaluation des Pratiques Professionnelles (EPP).