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Gastroenterologie

UNE DOULEUR ABDOMINALE ATYPIQUE …

2010

Alexandre Nuzzo, Vanessa Polin, Oriane Colussi, Isabelle Rosa, Lise Meunier, Thierry Lons, Hervé Hagege.
Service d’hépato-gastroentérologie
CHI Créteil

Gastroentérologie –  2010-09-03 – CO –

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Cette assistante commerciale de 26 ans a été hospitalisée à 3 reprises dans le service entre janvier et avril 2010 pour de violentes douleurs abdominales péri-ombilicales associées à des vomissements et selles liquides, spontanément résolutives en 72h et se répétant à intervalles d’environ 15 jours.

L’état général a toujours été conservé, sans fièvre, chez cette jeune femme d’origine maghrébine, ayant comme seuls antécédents un kyste ovarien et une hernie ombilicale non compliqués. La patiente ne prenait aucun traitement en dehors d’une pilule oestro-progestative depuis quelques semaines. Il n’existait pas de notion de voyage à l’étranger récent. Elle a parfois présenté des arthralgies du poignet gauche avec possible gonflement articulaire.

Le bilan comprenant NFS VS CRP iono créatine glycémie, bilan hépatique, lipase et TSH montrait au moment des crises un syndrome inflamatoire modéré. L’immunologie montrait des FAN positifs au 1/80e de fluorescence mouchetée et une hypergammaglobulinémie homogène à 15 g/l ; les ANCA, IgA antitransglutaminases, le complément sérique étaient normaux. Les sérologies virales comprenant VIH-HTLV, CMV et EBV étaient négatives. La coproculture était normale.
Les explorations morphologiques abdominales (TDM-écho) montraient une invagination iléo-iléale en fosse iliaque gauche, et une lame d’ascite non ponctionnable à chaque épisode algique. Le diagnostic initialement évoqué était un fièvre méditérranéenne familiale devant l’association de 3 signes cliniques majeurs, bien que la mutation ne soit présente qu’à l ‘état hétérozygote. Un traitement par Colchicine était débuté mais à 3 semaines, la récidive des crises sous traitement a conduit à réaliser un bilan endoscopique digestif. La coloscopie et la gastroscopie sous intubation étaient normales.
Le retrait du cale-dent et l’extubation étaient marqués par une complication sévère motivant le transfert en réanimation. Les photos illustrant cette complication seront montrées lors de la présentation du cas clinique:

Quel est votre diagnostic ?

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Gastroenterologie

Etude descriptive des ulcères gastroduodénaux en France, résultats préliminaires

2010

C Charpignon, A Courillon-Mallet, B Lesgourgues, S Nahon, A Pelaquier, C Guez, H Hamon, T Morin, I Rosa, B Bour, M Pierre-Nicolas, N Abdelli, G Macaigne et les centres ANGH.

Gastroentérologie –  2010-09-03 – CO –

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La baisse récente de la prévalence de l’infection à Helicobacter pylori (Hp) dans les pays occidentaux s’est accompagnée d’une diminution de l’incidence globale des ulcères et d’une redistribution des facteurs étiologiques des ulcères. Le but de l’étude était de préciser la fréquence de l’infection à Hp et de la prise d’AINS ou d’aspirine au cours des ulcères gastroduodénaux et d’évaluer la proportion d’ulcères non Hp non AINS-aspirine en France en 2009.
Patients et méthodes : 993 patients (Homme = 595 Moy age = ) porteurs d’un ulcère gastrique ou duodénal > 5 mm ou d’une bulbite (>5 ulcères de 1mm) ont été inclus prospectivement entre janvier 09 et janvier 10 dans 32 centres ANGH. Une infection Hp était recherchée par au moins 2 méthodes (histologie et/ou sérologie et/ou test respiratoire).Le statut Hp – était affirmé par 2 tests négatifs et Hp+ par histologie positive ou 2 tests +.En cas de tests discordants ou test unique, le statut Hp était considéré comme douteux. La prise de médicaments gastrotoxiques, d’IPP, d’antibiotiques ou les comorbidités étaient précisées le jour de l’endoscopie.
Résultats : 844 dossiers ont été analysés, dont 565 ulcères duodénaux ou bulbite, 326 ulcères gastriques et 173 ulcères hémorragiques. Une prise d’AINS ou aspirine >300mg/jour était notée chez 21% des patients dont un quart avec un traitement >1mois. Dix neuf pour cent des patients recevaient un traitement par aspirine faible dose au long cours. Concernant le statut Hp, 6% des patients n’ont pas eu d’histologie et 16% n’ont eu qu’un seul test diagnostic de Hp. Le statut Hp était négatif pour 42% des patients, positif pour 47% et douteux pour les autres. Les patients non Hp et non AINS-aspirine représentaient 21% des patients, leurs caractéristiques sont en cours d’analyse. Cent quarante quatre patients (17%) signalaient un antécédent d’ulcère, parmi eux 79 étaient Hp positif et dans 20 cas malgré un traitement d’éradication antérieur. Parmi les patients sous AINS ou aspirine au long cours 17% n’avaient pas d’ IPP.

Conclusion : La proportion d’ulcère Hp positif en France est en diminution (47%) alors qu’augmente fortement celle des ulcères non Hp et non AINS-aspirine. Cette étude observationnelle montre que les recommandations concernant l’éradication de Hp en cas d’ulcère et la prophylaxie par IPP en cas de traitement prolongé par AINS ne sont pas systématiquement appliquées.

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Hepatologie

Hémodilution post-hémorragie : quelle cinétique ? quelle importance ?

2010

Arnaud Pauwels, Agathe Chantal Simo, Abdelkrim Medini, Claire Lecouillard-Trilling, Catherine Pannetier, Valérie Dhalluin-Venier, Dominique Agard
Service d’Hépato-Gastroentérologie, Centre Hospitalier, BP 30071, 95503 GONESSE Cedex

Hépatologie –  2010-09-03 – CO –

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Lors d’une hémorragie, la perte de sang est compensée simultanément par une vasoconstriction et par un transfert de liquide de l’espace interstitiel vers l’espace vasculaire afin de maintenir la pression artérielle. Au décours, la vasoconstriction se lève progressivement tandis que s’accentue l’hémodilution. Il en résulte que le taux d’hémoglobine continue de diminuer alors même que l’hémorragie est interrompue. Ce phénomène est bien connu, mais sa cinétique et son importance en clinique restent mal évaluées.

Patients et méthodes : Pour être inclus dans cette étude rétrospective, les patients devaient satisfaire les critères suivants : 1) hémorragie digestive haute jugée significative (hématémèse franche et/ou méléna) ; 2) délai hémorragie-admission < 24h ; 3) hémorragie non active à l’admission ; 4) absence de saignement actif lors de l’endoscopie ; 5) absence de signes endoscopiques prédictifs de récidive hémorragique précoce ; 6) absence de récidive hémorragique clinique ; 7) suivi pendant au moins 4 jours sans transfusion. L’évolution du taux d’hémoglobine de J1 (admission) à J5 a été étudiée.

Résultats : De mars 2005 à septembre 2006, 75 patients ont été admis pour hémorragie digestive haute. Huit satisfaisaient les critères d’inclusion. Le taux d’hémoglobine médian à l’admission était de 11,4 g/dl (extrêmes : 9,1-16,2). Le delta du taux d’hémoglobine entre J1 et J2 était de -1,3 ± 0,6 g/dL ; entre J2 et J3 : -0,7 ± 0,6 ; entre J3 et J4 : -0,5 ± 0,5 ; et entre J4 et J5 : +0,1 ± 0,3. Le delta moyen du taux d’hémoglobine entre J1 et J4 était de -2,5 ± 0,5 g/dL (min : -1,5 ; max : -3,4).

Conclusion : Après admission au décours d’une hémorragie digestive haute de moyenne abondance, l’hémodilution se prolonge pendant trois jours et se traduit par une diminution du taux d’hémoglobine de 2 à 3 g/dL.

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Hepatologie

Hépatite Chronique Active et Sclérose en plaque :Une association fortuite ?

2010

O.NOUEL, V.QUENTIN, A.COULIBALY ,M.DARTOIS-HOGUIN,F.LALLEMAND(Hôpital Y.LE FOLL ,St BRIEUC)

Hépatologie –  2010-09-03 – CO –

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Trois femmes jeunes, atteintes de Sclérose en plaque (SEP),ont révélé une Hépatite Chronique Active Autoimmune (HAI).L’une d’entre elle avait reçu un traitement par l’Interféron Béta .
L’évolution sous traitement a été favorable .Les 2 patientes traitées par l’AZATHIOPRINE n’ont plus présenté de poussées de leur SEP.
Dans les séries publiées une maladie autoimmune était présente chez 10% des malades atteints de SEP,et une HAI dans environ 1% des cas.
400 SEP sont suivies dans le service de Neurologie de l’Hôpital Y .LE FOLL .
Les 2 maladies surviennent sur le même terrain (Femmes jeunes).
Le déclenchement d’une HAI par l’interféron est connu .
En cas d’anomalies biologiques hépatiques chez les malades présentant une SEP,un bilan immunologique est nécessaire et une HAI représente une contrindication à ce traitement .

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Vie Professionnelle

Impact de la Loi HPST sur le Praticien Hospitalier

2010

JP Dupuychaffray
Président de l’Organisme Agréé EA-HGE
Hépato-Gastroentérologie CH Angoulême

Vie Professionnelle –  2010-09-04 – CO –

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Chaque praticien hospitalier a bien compris les enjeux de la nouvelle gouvernance mise en place dans les hôpitaux par les dispositions de la Loi HPST (hôpital patients santé territoire) qui concentrent le pouvoir décisionnaire sur un axe vertical passant par le ministre de la santé, le directeur général d’ARS (agence régionale de santé), et le directeur d’établissement de santé. Pourtant, la mise sous tutelle des médecins ne s’arrête pas là puisque la prise en charge des patients, qui représente le cœur de métier de la profession, fait également l’objet de contraintes en terme de qualité et de sécurité des soins.
En plus des sollicitations dont il fait l’objet pour participer à la certification de son établissement, le praticien sera également confronté aux contraintes inscrites dans les missions confiées aux ARS et les contrats d’objectifs et de moyens des établissements, et qui sont notées dans les nouvelles attributions des CME. Ces mesures encore peu connues, s’ajoutent les unes aux autres sans concertation avec les professionnels et sont mises en place sans cohérence avec la démarche individuelle de DPC (développement professionnel continu) imposée à tout médecin.
Face à ces mesures, la profession commence à s’organiser : chaque spécialité médicale et chirurgicale, à partir de ses différentes composantes, va constituer un Conseil National Professionnel, qui pilotera la réflexion et les actions relevant du DPC, adhérera à la FSM (fédération des spécialités médicales) et représentera la spécialité à la future CSI (commission scientifique indépendante).
En parallèle, une action collégiale des 21 spécialités concernées par l’accréditation individuelle des médecins se met en place avec l’appui de la HAS (Haute Autorité de Santé). Cette action devrait avoir un impact majeur pour tous les médecins exerçant en établissements de santé qu’ils soient publics ou privés. Car, bien que la version définitive du décret d’application du DPC ne soit pas encore publiée, il est aujourd’hui acté que l’accréditation est une démarche validant l’obligation de DPC. Un groupe de travail s’est donc constitué pour élargir la notion d’accréditation individuelle à celle d’accréditation des équipes ce qui apportera du sens à l’activité quotidienne des praticiens dans leur service.
Enfin, un canal d’information va être mis en place par la HAS pour inciter les directeurs d’établissement et les présidents de CME à consulter le site de la HAS et ceux des Organismes Agréés-Accréditation (OA-A). Ces données seront également transmises aux ARS pour leur montrer l’intérêt qu’elles auraient à bâtir leurs actions régionales par l’intermédiaire des OA-A.
En dehors de l’accréditation, les autres démarches ne sont pas encore clairement définies, les médecins restent vigilants car ils redoutent de se voir imposer des contrats individuels ou collectifs de normalisation de leurs pratiques sous couvert de validation gracieuse de leur obligation de DPC.
L’objectif pour la profession est simple, permettre aux médecins de garder la maîtrise des démarches de qualité et de sécurité des soins car ils sont les mieux placés pour les définir en terme de pertinence dans chaque spécialité ; ces démarches, si elles sont suffisamment structurées devraient également satisfaire les exigences locales et régionales évitant ainsi aux praticiens de les subir.

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Hepatologie

Les saignées au CH de St BRIEUC

2010

Catherine TREGUIER,,Olivier NOUEL

Hépatologie –  2010-09-04 – CO –

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Les phlébotomies sont le traitement quasiment unique des surcharges en Fer .Au CH de St BRIEUC nous prenons en charge les surcharges en Fer depuis 30 ans .
La technique de cet acte est bien codifiée , de même que la surveillance .Du fait de son expérience (1500 saignées par an depuis 10 ans),le rôle de l’infirmière ne se limite pas à l’exécution du geste technique.Elle prends en charge les malades surveille l’évolution de la déplétion en fer ,alerte le médecin en cas de baisse excessive ou insuffisante au cours du traitement ,organise et module la surveillance ,décide d’éventuelles consultations médicales .
Les dernières années ont été marquées d’un certain nombre d’évènements concernant la prise en charge des surcharges en Fer ;Recommandation de l’HAS sur la prise en charge de l’hémochromatose HFE 1(2004),circulaire frontière (Aout 2007),Autorisation d’utiliser le sang des hémochromatosiques par l’EFS (JO du 12 Janvier 2009) ,Publication d’une cotation pour les saignées (19 fevrier 2009)
Malgré une stricte application des recommandations la CRAM nous a infligé une forte amende (un recours est en cours)
Toutes les saignées sont donc réalisées en Consultation externe ;les malades achètent leur poches,les examens de labo sont réalisés en externe .
Nous avons par ailleurs tenter d’externaliser le lieu des saignées .Tous les malades (clients ?) ont été revus en consultation ,et il leur a été proposé de réaliser leur saignes soit dans le secteur libéral ,soit a l’EFS .
187 malades ont souhaité continuer à venir dans l’Hôpital.37 sont allés dans le secteur libéral (dont 14 n’ont jamais été revus).37 malades sont allés a l’EFS .
Notre collaboration avec l’EFS est décevante ;malades refusés ,horaires trop stricts, perte de temps,lourdeur administrative,
Notre collaboration avec le secteur libéral est tout aussi décevante ; problèmes techniques ,difficultés a trouver un cabinet infirmier qui accepte ,suivi médical interrompu.
Avec le nouveau barême (39,85 Euros l’acte) ,il nous semble que l’hôpital est « bénéficiaire »,puisque le cout pour l’hôpital est estimé a 10 Euros.
Je n’exclue pas cependant une décision autoritaire de la direction ,qui pourrait nous ordonner de ne plus faire cet acte…..
Décision en attente à ce jour (22 Aout)

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Gastroenterologie

Mesothéliome péritonéal malin : A propos de 9 cas

2010

Farah ZEROUALA (1), Gilles MACAIGNE (2), Marie Luce AURIAULT (2), Gilles GATINEAU-SAILLANT (1), Joel CUCHEROUSSET (1), Georges BARJONNET(3), Christophe LOCHER (1). (1) CH MEAUX,(2) CH LAGNY,(3) CH COULOMMIERS

Gastroentérologie –  2010-09-04 – CO –

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Le mésothéliome péritonéal malin est une tumeur rare dont l’incidence est évaluée à 2 par an et par million d’habitants. Il est 5 fois moins fréquent que l’atteinte pleurale. L’exposition à l’amiante est le principal facteur de risque. Le pronostic est sombre avec une survie médiane de quelques mois. Des traitements plus agressifs comportant une résection chirurgicale et une chimiothérapie hyperthermique intra-péritonéale ont permis d’obtenir des survies prolongées chez certains patients. Nous rapportons ici, 9 cas de mésothéliomes primitifs du péritoine : 7 hommes et 2 femmes d’âge moyen 62,1 ans (extrêmes : 44 – 74 ans). Une exposition à l’amiante était mise en évidence chez 7 patients. L’ascite était le principal mode de révélation. Le diagnostic histologique avait été porté sur des biopsies péritonéales réalisées par coelioscopie. Les 9 patients avaient été traités par chimiothérapie à base de sels de platine : cisplatine et Alimta (6 patients), carboplatine et Alimta (2 patients), tomudex et oxaliplatine (1 patient). Une rémission clinique avait été obtenue chez 5 patients avec cependant une survie globale de 5 mois. Deux patients sont encore en cours de traitement et des données actualisées seront disponibles lors du congrès.

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Gastroenterologie

Utilisation de la photothérapie dynamique en hôpital général dans le cancer de l’œsophage.

2010

Patricia Cacou et Isabelle Rosa

Gastroentérologie –  2010-09-04 – CO –

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La photothérapie dynamique (PDT) est une technique endoscopique utilisée dans le traitement des cancers de l’œsophage. Le principe de la PDT est de provoquer la nécrose d’une lésion tissulaire, après avoir injecté un agent photosensibilisant, inactif à l’état basal, grâce à un rayonnement lumineux d’une longueur d’ondes spécifique, qui va activer l’agent photosensibilisant. Ce rayonnement est délivré de façon sélective sur la zone à traiter, lors de l’endoscopie.
Le traitement s’effectue lors d’une hospitalisation brève qui nécessite une coordination parfaite entre l’équipe médicale et paramédicale, au niveau de l’unité d’hospitalisation et du centre d’endoscopie.
Le bilan pré-thérapeutique comporte : une endoscopie œso-gastro-duodénale avec biopsies, une écho-endoscopie haute et un TDM thoraco-abdominal. Le dossier est systématiquement présenté en réunion de concertation multidisciplinaire. L’information préalable du malade est effectuée lors d’une consultation médicale puis est reprise de façon complémentaire par l’infirmière lors d’une consultation infirmière. A J1 de l’hospitalisation l’injection du Photofrin est effectuée à 9 heures le matin après accord médical. Dès l’injection du photosensibilisant réalisée, le patient doit rester à l’abri de la lumière, tant dans le service d’hospitalisation qu’au cours de ses déplacements dans l’hôpital et notamment aux endoscopies digestives. L’infirmière peut s’aider d’un dosimètre pour les déplacements du patient. A J3, la séance de photothérapie est effectuée en salle d’endoscopie sous anesthésie générale. Le geste consiste en l’introduction d’une fibre d’illumination par le canal opérateur, qui délivrera le nombre de joules requis sur la lésion à traiter. Durant toute l’hospitalisation et jusqu’à un mois après la sortie des précautions contre la photosensibilisation sont prises et devront être bien expliquées au patient.
Dans notre expérience, la PDT dans le cancer de l’œsophage est une technique intéressante et efficace, principalement chez les malades ayant un carcinome in situ. Elle permet d’obtenir une réponse tumorale complète satisfaisante chez des malades pour qui l’oesophagectomie n’est pas réalisable. La place de cette technique par rapport à la chirurgie et aux autres techniques endoscopiques reste à évaluer.

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Endoscopie

Astreinte Infirmière (IDE) en endoscopie d’urgence : expérience du Centre Hospitalier d’Avignon (CHA)

2010

D Imbert, A Lichere, O Barthelemy, D Bozec, M Molina, E Meloni
S Bellon, S Bramli, B Coulibaly, JP Arpurt. CH Avignon.

Endoscopie –  2010-09-14 – CO –

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Une endoscopie digestive d’urgence est une endoscopie réalisée en dehors des heures ouvrables, le week-end ou les jours fériés, mais dans un délai de moins de 12 heures. C’est un acte médical fréquent requérant maîtrise du geste, parfaites conditions de réalisation et adéquation du matériel. Dans ces conditions, l’endoscopiste ne peut être aidé que par une infirmière formée aux techniques endoscopiques thérapeutiques.
80 % des endoscopies d’urgence sont réalisées pour hémorragie digestive (HD) haute ou basse. Les autres indications sont certains corps étrangers, les ingestions de caustiques, les occlusions par cancer depuis la partie gauche du transverse jusqu’au rectum, les syndromes d’Ogilvie, les volvulus sigmoïdiens, les colites graves et, exceptionnellement, une angiocholite grave ou une exploration bronchique.
Nous rapportons l’expérience de la mise en place d’une astreinte IDE d’endoscopie digestive d’urgence au CHA depuis le 1er juillet 2007.
Matériels et Méthodes
L’astreinte n’est actuellement assurée que les week-end et les jours fériés. Elle débute le vendredi ou la veille d’un férié à 16h30 et se termine le lundi ou le lendemain d’un férié à 7h30. Sur la base du volontariat, 6 IDE y participent ( 3 du secteur endoscopie digestive, 3 du secteur endoscopie bronchique). Un tableau annuel d’astreinte est mis en place et envoyé à la direction des soins infirmiers (1 week-end toutes les 6 semaines et 2 fériés par an)
Afin d’assurer la traçabilité de l’ appel, l’endoscopiste appelle l’IDE par l’intermédiaire du standard de l’hôpital.
L’examen est réalisé au bloc opératoire dans la salle dédiée aux endoscopies digestives, le plus souvent sous anesthésie générale. Il faut 30 mn pour installer la salle et le matériel dédiée aux urgences en prenant compte du temps de désinfection de l’endoscope. En fin de procédure, la remise à niveau de la salle et du matériel est de minimum 1 heure, comprenant la désinfection du matériel utilisé. Parfois, l’examen est réalisé hors bloc (Réanimation, Soins Intensifs Cardiologiques, Néonatalogie) et nécessite le transport du matériel sur le site.
L’indemnisation de l’ astreinte IDE se compose en 2 parties :
– forfaitaire : 39h pour 1 jour férié, 63h pour un week-end, 87 h pour 3 jours, rémunérée sur la base du 1/3 du tarif des heures supplémentaires
– au temps de déplacement fixé en heures supplémentaires pleines (comprenant le temps du trajet). Le tarif est fonction de l’horaire et de l’échelon de l’IDE.
La déclaration du temps de déplacement se fait par l’infirmière, co-signée par le cadre infirmier et envoyée à l’administration tous les mois.
Résultats
Pour la demi-année 2007, 60 examens ont été réalisés, 132 en 2008 et 156 en 2009. Pour l’année 2009, la répartition des examens est la suivante : 110 endoscopies digestives hautes (80 HD, 23 corps étrangers, 7 caustiques), 41 endoscopies digestives basses ( 20 HD, 10 Ogilvie et volvulus, 11 prothèses) et 5 ERCP (angiocholites).
Le coût global annuel de cette astreinte IDE week-end et jours fériés pour le CHA est d’environ 35 000 euros (charges patronales comprises)
En moyenne, une IDE est rémunérée de 300 à 500 euros brut par astreinte de week-end.
En conclusion, l’installation de cette astreinte IDE a permis d’améliorer la qualité de réalisation des endoscopies en urgence tant sur le plan du geste technique que de la maintenance, la désinfection et la traçabilité du matériel. La place de l’IDE d’endoscopie est indispensable et incontournable. Elle doit être bien comprise par nos directions en soins infirmiers et administratives, avec le soutien du GIFE (Groupement Infirmier pour la Formation en Endoscopie).
L’avenir au CHA sera l’obtention d’une astreinte élargie à la semaine et l’installation d’armoire de stockage des endoscopes qui permettra de ne pas avoir à réaliser la désinfection initiale de l’endoscope jusqu ‘à 72h de stockage.

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Hepatologie

Epidémiologie du portage chronique de l’Ag HBs en Belgique : Le Registre Belge

2010

J HENRION*, P DELTENRE*, au nom de la BASL (Belgian Association for the Study of the Liver).
* Hôpital de Jolimont, Haine Saint Paul, Belgique.

Hépatologie –  2010-10-16 – CO –

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But : Les données épidémiologiques concernant l’infection par le virus de l’hépatite B (VHB) sont pratiquement absentes en Belgique. En 2008, sous la coordination du service d’Hépato-Gastroentérologie de l’hôpital de Jolimont, la réalisation d’un registre national des porteurs chroniques de l’AgHBs a été proposée aux membres de la BASL. Les buts étaient de préciser d’une part les caractéristiques épidémiologiques de ces malades et d’autre part la prise en charge usuel par les hépatologues Belges. Secondairement, à l’analyse des résultats et vu le nombre important de biopsies hépatiques disponibles, il a été décidé de faire une analyse de la fréquence et des facteurs de risques de fibrose extensive (F3 et F4 suivant la classification METAVIR). Dans ce résumé, seules les données épidémiologiques seront présentées.

Méthode : Sous l’égide de la BASL, la participation volontaire à ce registre prospectif a été proposée aux membres de la BASL (environ 130). Un document simple de 2 pages, comportant des données épidémiologiques, virologiques, histologiques et thérapeutiques devaient être complété pour tout malade porteur chronique de l’AgHBs vu en consultation durant un an, de Février 2008 à fin Janvier 2009. Il était bien spécifié que le praticien responsable ne devait en rien changer ses habitudes de prise en charge du malade (étude observationnelle). Aussi bien les malades déjà connus comme porteurs de l’AgHBs (cas prévalents) que les nouveaux cas diagnostiqués (cas incidents) devaient être inclus.

Résultats : 26 centres répartis dans toute la Belgique ont participé et ont inclus 1456 malades (cas prévalents : 70%, cas incidents : 30%). Parmi ceux-ci, 97 étaient co-infectés soit par le VHC (28/1386 testés), par le VHD (27/785 testés), par le VIH (32/1309 testés) ou par plus de 2 virus (6 cas). Parmi ces 1456 cas, 10 ont été considérés comme porteurs immunotolérants, 248 comme hépatite chronique AgHBe (+), 420 comme hépatite chronique AgHBe (-) et 381 comme porteur inactif en appliquant, pour ces derniers, la définition « restrictive » recommandée par les principaux guidelines (AgHBe (-), ALAT<N , HBV DNA<2,000 UI/ml). Ainsi, 397 malades ne pouvaient être correctement classés. En appliquant une définition « élargie » du portage inactif (AgHBe (-), ALAT <2N, HBV DNA<20.000 UI/ml), 105 malades non classés pouvaient être ajoutés aux 381 considérés comme porteurs inactifs selon la définition « restrictive ». Ces 105 malades (dont 24 biopsiés) ne différaient pas des 381 porteurs inactifs suivant la définition « restrictive » (48 biopsiés) en ce qui concerne les données cliniques et surtout histologiques.
Conclusion : En Belgique, environ la moitié des porteurs chroniques de l’AgHBs sont des porteurs inactifs. Parmi les hépatites chroniques, plus de 60 % sont des hépatites chroniques AgHBe (-). En respectant les critères recommandés par les guidelines, un grand nombre de malades (27%) ne peuvent être correctement classés dans une des 4 grandes catégories de replication virale. L’utilisation de critères élargis pour le portage inactif permet de « récupérer » 26 % de ces malades non classés.