Catégories
Gastroenterologie

Mesothéliome péritonéal malin : A propos de 9 cas

2010

Farah ZEROUALA (1), Gilles MACAIGNE (2), Marie Luce AURIAULT (2), Gilles GATINEAU-SAILLANT (1), Joel CUCHEROUSSET (1), Georges BARJONNET(3), Christophe LOCHER (1). (1) CH MEAUX,(2) CH LAGNY,(3) CH COULOMMIERS

Gastroentérologie –  2010-09-04 – CO –

________________________________

Le mésothéliome péritonéal malin est une tumeur rare dont l’incidence est évaluée à 2 par an et par million d’habitants. Il est 5 fois moins fréquent que l’atteinte pleurale. L’exposition à l’amiante est le principal facteur de risque. Le pronostic est sombre avec une survie médiane de quelques mois. Des traitements plus agressifs comportant une résection chirurgicale et une chimiothérapie hyperthermique intra-péritonéale ont permis d’obtenir des survies prolongées chez certains patients. Nous rapportons ici, 9 cas de mésothéliomes primitifs du péritoine : 7 hommes et 2 femmes d’âge moyen 62,1 ans (extrêmes : 44 – 74 ans). Une exposition à l’amiante était mise en évidence chez 7 patients. L’ascite était le principal mode de révélation. Le diagnostic histologique avait été porté sur des biopsies péritonéales réalisées par coelioscopie. Les 9 patients avaient été traités par chimiothérapie à base de sels de platine : cisplatine et Alimta (6 patients), carboplatine et Alimta (2 patients), tomudex et oxaliplatine (1 patient). Une rémission clinique avait été obtenue chez 5 patients avec cependant une survie globale de 5 mois. Deux patients sont encore en cours de traitement et des données actualisées seront disponibles lors du congrès.

Catégories
Gastroenterologie

Utilisation de la photothérapie dynamique en hôpital général dans le cancer de l’œsophage.

2010

Patricia Cacou et Isabelle Rosa

Gastroentérologie –  2010-09-04 – CO –

________________________________

La photothérapie dynamique (PDT) est une technique endoscopique utilisée dans le traitement des cancers de l’œsophage. Le principe de la PDT est de provoquer la nécrose d’une lésion tissulaire, après avoir injecté un agent photosensibilisant, inactif à l’état basal, grâce à un rayonnement lumineux d’une longueur d’ondes spécifique, qui va activer l’agent photosensibilisant. Ce rayonnement est délivré de façon sélective sur la zone à traiter, lors de l’endoscopie.
Le traitement s’effectue lors d’une hospitalisation brève qui nécessite une coordination parfaite entre l’équipe médicale et paramédicale, au niveau de l’unité d’hospitalisation et du centre d’endoscopie.
Le bilan pré-thérapeutique comporte : une endoscopie œso-gastro-duodénale avec biopsies, une écho-endoscopie haute et un TDM thoraco-abdominal. Le dossier est systématiquement présenté en réunion de concertation multidisciplinaire. L’information préalable du malade est effectuée lors d’une consultation médicale puis est reprise de façon complémentaire par l’infirmière lors d’une consultation infirmière. A J1 de l’hospitalisation l’injection du Photofrin est effectuée à 9 heures le matin après accord médical. Dès l’injection du photosensibilisant réalisée, le patient doit rester à l’abri de la lumière, tant dans le service d’hospitalisation qu’au cours de ses déplacements dans l’hôpital et notamment aux endoscopies digestives. L’infirmière peut s’aider d’un dosimètre pour les déplacements du patient. A J3, la séance de photothérapie est effectuée en salle d’endoscopie sous anesthésie générale. Le geste consiste en l’introduction d’une fibre d’illumination par le canal opérateur, qui délivrera le nombre de joules requis sur la lésion à traiter. Durant toute l’hospitalisation et jusqu’à un mois après la sortie des précautions contre la photosensibilisation sont prises et devront être bien expliquées au patient.
Dans notre expérience, la PDT dans le cancer de l’œsophage est une technique intéressante et efficace, principalement chez les malades ayant un carcinome in situ. Elle permet d’obtenir une réponse tumorale complète satisfaisante chez des malades pour qui l’oesophagectomie n’est pas réalisable. La place de cette technique par rapport à la chirurgie et aux autres techniques endoscopiques reste à évaluer.

Catégories
Endoscopie

Astreinte Infirmière (IDE) en endoscopie d’urgence : expérience du Centre Hospitalier d’Avignon (CHA)

2010

D Imbert, A Lichere, O Barthelemy, D Bozec, M Molina, E Meloni
S Bellon, S Bramli, B Coulibaly, JP Arpurt. CH Avignon.

Endoscopie –  2010-09-14 – CO –

________________________________

Une endoscopie digestive d’urgence est une endoscopie réalisée en dehors des heures ouvrables, le week-end ou les jours fériés, mais dans un délai de moins de 12 heures. C’est un acte médical fréquent requérant maîtrise du geste, parfaites conditions de réalisation et adéquation du matériel. Dans ces conditions, l’endoscopiste ne peut être aidé que par une infirmière formée aux techniques endoscopiques thérapeutiques.
80 % des endoscopies d’urgence sont réalisées pour hémorragie digestive (HD) haute ou basse. Les autres indications sont certains corps étrangers, les ingestions de caustiques, les occlusions par cancer depuis la partie gauche du transverse jusqu’au rectum, les syndromes d’Ogilvie, les volvulus sigmoïdiens, les colites graves et, exceptionnellement, une angiocholite grave ou une exploration bronchique.
Nous rapportons l’expérience de la mise en place d’une astreinte IDE d’endoscopie digestive d’urgence au CHA depuis le 1er juillet 2007.
Matériels et Méthodes
L’astreinte n’est actuellement assurée que les week-end et les jours fériés. Elle débute le vendredi ou la veille d’un férié à 16h30 et se termine le lundi ou le lendemain d’un férié à 7h30. Sur la base du volontariat, 6 IDE y participent ( 3 du secteur endoscopie digestive, 3 du secteur endoscopie bronchique). Un tableau annuel d’astreinte est mis en place et envoyé à la direction des soins infirmiers (1 week-end toutes les 6 semaines et 2 fériés par an)
Afin d’assurer la traçabilité de l’ appel, l’endoscopiste appelle l’IDE par l’intermédiaire du standard de l’hôpital.
L’examen est réalisé au bloc opératoire dans la salle dédiée aux endoscopies digestives, le plus souvent sous anesthésie générale. Il faut 30 mn pour installer la salle et le matériel dédiée aux urgences en prenant compte du temps de désinfection de l’endoscope. En fin de procédure, la remise à niveau de la salle et du matériel est de minimum 1 heure, comprenant la désinfection du matériel utilisé. Parfois, l’examen est réalisé hors bloc (Réanimation, Soins Intensifs Cardiologiques, Néonatalogie) et nécessite le transport du matériel sur le site.
L’indemnisation de l’ astreinte IDE se compose en 2 parties :
– forfaitaire : 39h pour 1 jour férié, 63h pour un week-end, 87 h pour 3 jours, rémunérée sur la base du 1/3 du tarif des heures supplémentaires
– au temps de déplacement fixé en heures supplémentaires pleines (comprenant le temps du trajet). Le tarif est fonction de l’horaire et de l’échelon de l’IDE.
La déclaration du temps de déplacement se fait par l’infirmière, co-signée par le cadre infirmier et envoyée à l’administration tous les mois.
Résultats
Pour la demi-année 2007, 60 examens ont été réalisés, 132 en 2008 et 156 en 2009. Pour l’année 2009, la répartition des examens est la suivante : 110 endoscopies digestives hautes (80 HD, 23 corps étrangers, 7 caustiques), 41 endoscopies digestives basses ( 20 HD, 10 Ogilvie et volvulus, 11 prothèses) et 5 ERCP (angiocholites).
Le coût global annuel de cette astreinte IDE week-end et jours fériés pour le CHA est d’environ 35 000 euros (charges patronales comprises)
En moyenne, une IDE est rémunérée de 300 à 500 euros brut par astreinte de week-end.
En conclusion, l’installation de cette astreinte IDE a permis d’améliorer la qualité de réalisation des endoscopies en urgence tant sur le plan du geste technique que de la maintenance, la désinfection et la traçabilité du matériel. La place de l’IDE d’endoscopie est indispensable et incontournable. Elle doit être bien comprise par nos directions en soins infirmiers et administratives, avec le soutien du GIFE (Groupement Infirmier pour la Formation en Endoscopie).
L’avenir au CHA sera l’obtention d’une astreinte élargie à la semaine et l’installation d’armoire de stockage des endoscopes qui permettra de ne pas avoir à réaliser la désinfection initiale de l’endoscope jusqu ‘à 72h de stockage.

Catégories
Hepatologie

Epidémiologie du portage chronique de l’Ag HBs en Belgique : Le Registre Belge

2010

J HENRION*, P DELTENRE*, au nom de la BASL (Belgian Association for the Study of the Liver).
* Hôpital de Jolimont, Haine Saint Paul, Belgique.

Hépatologie –  2010-10-16 – CO –

________________________________

But : Les données épidémiologiques concernant l’infection par le virus de l’hépatite B (VHB) sont pratiquement absentes en Belgique. En 2008, sous la coordination du service d’Hépato-Gastroentérologie de l’hôpital de Jolimont, la réalisation d’un registre national des porteurs chroniques de l’AgHBs a été proposée aux membres de la BASL. Les buts étaient de préciser d’une part les caractéristiques épidémiologiques de ces malades et d’autre part la prise en charge usuel par les hépatologues Belges. Secondairement, à l’analyse des résultats et vu le nombre important de biopsies hépatiques disponibles, il a été décidé de faire une analyse de la fréquence et des facteurs de risques de fibrose extensive (F3 et F4 suivant la classification METAVIR). Dans ce résumé, seules les données épidémiologiques seront présentées.

Méthode : Sous l’égide de la BASL, la participation volontaire à ce registre prospectif a été proposée aux membres de la BASL (environ 130). Un document simple de 2 pages, comportant des données épidémiologiques, virologiques, histologiques et thérapeutiques devaient être complété pour tout malade porteur chronique de l’AgHBs vu en consultation durant un an, de Février 2008 à fin Janvier 2009. Il était bien spécifié que le praticien responsable ne devait en rien changer ses habitudes de prise en charge du malade (étude observationnelle). Aussi bien les malades déjà connus comme porteurs de l’AgHBs (cas prévalents) que les nouveaux cas diagnostiqués (cas incidents) devaient être inclus.

Résultats : 26 centres répartis dans toute la Belgique ont participé et ont inclus 1456 malades (cas prévalents : 70%, cas incidents : 30%). Parmi ceux-ci, 97 étaient co-infectés soit par le VHC (28/1386 testés), par le VHD (27/785 testés), par le VIH (32/1309 testés) ou par plus de 2 virus (6 cas). Parmi ces 1456 cas, 10 ont été considérés comme porteurs immunotolérants, 248 comme hépatite chronique AgHBe (+), 420 comme hépatite chronique AgHBe (-) et 381 comme porteur inactif en appliquant, pour ces derniers, la définition « restrictive » recommandée par les principaux guidelines (AgHBe (-), ALAT<N , HBV DNA<2,000 UI/ml). Ainsi, 397 malades ne pouvaient être correctement classés. En appliquant une définition « élargie » du portage inactif (AgHBe (-), ALAT <2N, HBV DNA<20.000 UI/ml), 105 malades non classés pouvaient être ajoutés aux 381 considérés comme porteurs inactifs selon la définition « restrictive ». Ces 105 malades (dont 24 biopsiés) ne différaient pas des 381 porteurs inactifs suivant la définition « restrictive » (48 biopsiés) en ce qui concerne les données cliniques et surtout histologiques.
Conclusion : En Belgique, environ la moitié des porteurs chroniques de l’AgHBs sont des porteurs inactifs. Parmi les hépatites chroniques, plus de 60 % sont des hépatites chroniques AgHBe (-). En respectant les critères recommandés par les guidelines, un grand nombre de malades (27%) ne peuvent être correctement classés dans une des 4 grandes catégories de replication virale. L’utilisation de critères élargis pour le portage inactif permet de « récupérer » 26 % de ces malades non classés.

Catégories
Endoscopie

Plicature gastrique endoscopique après echec de by-pass, étude préliminaire.

2010

R-L Vitte (CHI Poissy), E. Chouillard (CHI Poissy).

Endoscopie –  2010-10-16 – Cho –

________________________________

Introduction : L’échec pondéral après bypass gastrique (BG) pour obésité morbide peut être secondaire à une dilatation de la poche gastrique ou de l’anastomose gastro-jéjunale. Afin d’éviter la morbi-mortalité des reprises chirurgicales après BG, la réduction endoscopique de la poche gastrique par endoplicature a été proposée.
Matériel et Méthodes : Entre 2003 et 2006, 209 patients ont été opérés de BG dans notre département. Après un suivi moyen de 37 mois (extrêmes, 24-59), 11 patients (5,3 %) ont été déclarés en échec pondéral (indice de masse corporelle > 35 Kg/m² ou reprise de poids cumulé de plus de 10 Kg et évoluant sur plus de 3 mois successifs). Nous avons proposé à 4 de ces patients une endoplicature de la poche gastrique par StomaphyX.
Résultats : Quatre patients (2 hommes et 2 femmes) de 42 ans d’âge moyen
(22-59) ont eu une plicature gastrique par StomaphyX sous anesthésie générale. La procédure a duré 44 minutes en moyenne (38-55). Aucune complication per ou post-opératoire n’a été déplorée. Après un suivi moyen de 3 mois, la perte de poids moyenne est de 9 kilos (3-23).
Conclusion : L’endoplicature de la poche gastrique pour échec pondéral après BG pour obésité morbide est une technique faisable et sure. Les résultats pondéraux à trois mois semblent encourageants. Un suivi plus prolongé est nécessaire avant de bien définir les indications en fonction des résultats à long terme. 5 nouveaux patients sont programmés en juin: les résultats de l’ ensemble de la cohorte seront présentés au Mans.

Catégories
Gastroenterologie

ascite infectée, dénutrition sévère et occlusion du grêle : comment évoquer la péritonite sclérosante encapsulante quand on n’est pas néphrologue ?

2009

JP Dupuychaffray(1), MP Liebaert(1), M Pujo(2), E Landragin(3), J Cancel(4). services d’Hépato-gastroentérologie(1),néphrologie(2),radiologie(3),chirurgie viscérale(4) CH ANGOULEME

Gastroentérologie –  2009-06-15 – PW –

________________________________

Un homme de 72 ans était hospitalisé en octobre 06 pour fièvre, anorexie, douleurs abdominales, vomissements et ralentissement du transit. Les antécédents se limitaient à une maladie de Wegener connue depuis 6 ans, avec une atteinte rénale de type glomérulonéphrite extracapillaire traitée par dialyse péritonéale de juillet 03 à janvier 06, et depuis par hémodialyse classique. le traitement comprenait cortancyl 15 mg et eucalcic.
l’examen clinique montrait un abdomen tendu avec matité déclive ; l’échographie confirmait une ascite dont la ponction ramenait 4l d’un liquide trouble, riche en protides: 35g, infecté par un enterococcus faecalis. le bilan biologique donnait : 10200 leucocytes, 89% neutrophiles, TP 83%, CRP 246 mg, bilan hépatique normal, urée 1,08g, créatinine 64 mg.
La tomodensitométrie montrait l’absence d’anomalie hépatique, sus-hépatique, portale ou splénique ; et la présence d’une ascite inhabituelle de distribution périphérique et des anses intestinales agglutinées au centre de l’abdomen.
Une coelioscopie exploratrice était pratiquée à J12, montrant une cavité abdominale totalement engluée dans un tissu gélatineux prenant un aspect de fausses membranes en toile d’araignée bloquant l’ensemble des viscères. les biopsies péritonéales retrouvaient des remaniements fibro-inflammatoires sans critères de malignité ; le liquide d’ascite analysé était inflammatoire avec présence de neutrophiles.
L’ensemble des données plaidait pour le diagnostic de péritonite sclérosante dans sa forme encapsulante. Le traitement associait celui de l’infection du liquide, la poursuite d’une faible posologie de cortancyl, et l’introduction de Tamoxifène 10mg/j.
l’évolution était marquée par l’installation d’une dénutrition sévère, malgré les mesures de nutrition mises en place, compliquée à six semaines d’un état de choc septique sur une volumineuse collection du flanc gauche, dans un contexte d’occlusion du grêle, entrainant le décès du patient.
La SEP, sclerosing encapsulating peritonitis, est une pathologie rare de diagnostic difficile car de présentation digestive survenant de façon différée alors que le facteur iatrogène a disparu depuis plusieurs mois. L’augmentation du nombre de patients traités par dialyse péritonéale prolongée explique vraisemblablement l’augmentation de l’incidence de cette pathologie dans les séries les plus récentes. Un diagnostic précoce a un impact majeur sur la prise en charge thérapeutique avant que ne survienne le stade de péritonite encapsulante, le gastroentérologue doit y penser devant une ascite de présentation inhabituelle dans un contexte néphrologique.

Catégories
Gastroenterologie

Quand ça saigne dans le grêle et le foie, c’est urgent!

2009

Agnès Pélaquier, Bernard Nalet, Jean-Louis Bonis, Henri Osman, Jean-Luc Landais, Bernard Duvert (CH Montélimar)

Gastroentérologie –  2009-06-16 – CO –

________________________________

Mr D., 53 ans, est hospitalisé en urgence pour rectorragies sous aspirine faible dose, ayant débuté cinq jours auparavant. Il a plusieurs co-morbidités : infarctus du myocarde à l’âge de 42 ans, diabète insulino-requérant suite à une spléno-pancréatectomie pour pancréatite chronique calcifiante (éthylique) après échec d’une lithotritie pour lithiase du Wirsung avec sténose canalaire et thrombose de la veine splénique, tabagisme actif sevré.
A l’interrogatoire, il n’y a pas de prise d’AINS, mais une asthénie depuis deux mois sans douleur abdominale ni modification du transit, il n’y a pas d’antécédent de néoplasie colique dans la famille. Son traitement comporte outre l’aspirine, une statine et un B-bloquant.
A l’examen clinique d’entrée, il existe une hépatomégalie isolée, l’hémodynamique est stable.
Le taux d’hémoglobine est à 6,6 g/dl (normocytaire), il y a une thrombopénie à
115 G/L et une cholestase (GGT 3N ;PAL 1,5 N). Il est transfusé.
Il n’y a pas de lésion susceptible d’avoir saigné à la gastroscopie ni à l’iléo-coloscopie.
Le lendemain de la coloscopie surviennent des rectorragies massives avec instabilité hémodynamique et malaise. Sur le scanner abdominal injecté en urgence, la dernière anse iléale épaissie est à l’origine d’un saignement actif, de nombreux nodules hépatiques prennent fortement le contraste, signe d’une hémorragie active.
Lors de la laparotomie, il y a une lésion hémorragique de la dernière anse iléale à dix centimètres de la valvule et un foie d’allure secondaire que le chirurgien compare curieusement à une « éponge ». Il fait une colectomie droite avec anastomose iléo-transverse.
Dans l’attente des résultats histologiques, au vu du scanner que nous vous montrons et devant les antécédents de ce patient, quels diagnostics suggérez vous ? Pièces jointes.

Catégories
Endoscopie

PLACE DES PROTHESES METALLIQUES AUTO-EXPANSIVES DANS LA PRISE EN CHARGE DES HEMORRAGIES DIGESTIVES PAR RUPTURE DE VARICES OESOPHAGIENNES.

2009

Rym Ennaifer, Sandrine Beaulieu, Lydie Costentin, René-Louis Vitte. Service de Gastroentérologie, CHI Poissy St Germain.

Endoscopie –  2009-06-17 – CO –

________________________________

Introduction : La mortalité des hémorragies par rupture de varices oesophagiennes est passée de 42% en 1980 à 14% en 2000. Ces progrès tiennent en grande partie à l’optimisation des traitements pharmacologiques et endoscopiques. Cependant, 5 à 10% des hémorragies demeurent réfractaires à ces thérapeutiques, nécessitant souvent la mise en place d’une sonde de tamponnement, geste non dénué de morbidité, en attente d’un traitement plus radical. Récemment, il a été rapporté que les prothèses métalliques auto-expansives pouvaient être une alternative efficace au contrôle des hémorragies réfractaires.
But : Evaluer l’efficacité et l’innocuité des prothèses métalliques auto-expansives dans la prise en charge des hémorragies digestives réfractaires.
Patients et méthodes : Nous avons mis en place, sous contrôle endoscopique, une prothèse métallique auto-expansive type « SX-ELLA Danis » chez 3 patients. L’hémorragie était active dans tous les cas, compliquée d’un état de choc hémorragique pour 2 patients. La prothèse avait été indiquée devant la persistance ou la reprise précoce de l’hémorragie malgré le traitement vaso-actif et la ligature élastique, et dans 1 cas après échec de mise en place de la sonde de tamponnement.
Résultats : Le déploiement de la prothèse a été réalisé sans difficultés dans tous les cas. L’hémostase immédiate a été obtenue pour tous les patients. Une récidive sans retentissement hémodynamique a été observée au 4ème jour dans 1 cas. Pour un patient, la prothèse a migré en intra-gastrique au 3ème jour, sans récidive hémorragique. La prothèse était laissée en place en moyenne 7 jours et l’extraction réalisée sous contrôle endoscopique sans incidents. Une ulcération superficielle de l’œsophage moyen a été notée dans un cas où la prothèse avait été gardée 12 jours. Un traitement complémentaire par TIPS a été indiqué dans 2 cas. Aucun patient n’est décédé.
Conclusion : Les prothèses métalliques auto-expansives type « SX-ELLA Danis » pourraient constituer une thérapeutique de sauvetage efficace dans les hémorragies digestives par rupture de varices oesophagiennes réfractaires au traitement médical et endoscopique tout en évitant les inconvénients de la sonde de tamponnement.

Catégories
Hepatologie

Carcinome hépatocellulaire avec thrombose portale partielle. Réduction tumorale sous sorafenib suivie d’ hépatectomie droite.

2009

Louise Barbier (1), Leïla Kanafi (2), Sophie Leguellec (3), Bertrand Suc (1), Philippe Otal (4) , Alexandre Pariente (2).(1) Service de Chirurgie Digestive, (3) Service d’ anatomie et de cytologie pathologiques, (4) Service d’ Imagerie Médicale,CHU Rangueil, Toulouse, (2) Unité d’ HGE, Centre Hospitalier de Pau

Hépatologie –  2009-06-21 – PW –

________________________________

L’ utilisation néoajuvante du sorafenib n’ a pas été rapportée.
Un homme de 55 ans était hospitalisé en Juin 2008 pour une hépatomégalie douloureuse apparue en 2 mois. Il n’ avait pas d’ antécédent notable, un tabagisme à 40 p/a, une consommation d’ alcool de 100 g/j depuis 2004. Il avait maigri de 8 kg.L’ examen montrait un gros foie douloureux, et de nombreux angiomes stellaires. Hb 20 g/dL, VGM 99 fl, Hte 66%, 277.000 plaquettes/µL, TP 79%, , bilirubine 43 µMol, AST 161 UI/L, ALT 96, GGT 676 (49), calcémie , albumine 33 g/L, foetoprotéine 453.500 ng/mL. AgHBs absent, antiVHC présent, ARN VHC 6.6 log UI/mL, génotype 3a. Scanner et IRM : volumineuse tumeur faite de gros nodules confluents occupant la majeure partie du foie droit, thrombose totale de la branche portale D, et thrombus bombant dans la lumière de la bifurcation portale. Pas de varice oesophagienne. Traitement : sorafenib 800 mg/j,antalgiques,10 saignées jusqu’ au 20 juillet 2008,. En Octobre 2008, pas de douleur. Bilirubine 13 µM, foetoprotéine 8950 ng/mL; IRM: diminution de 25% de la lésion principale. Biopsie du foie gauche : Métavir A1F1. Février 2009: pas de symptôme. foetoprotéine 13.038 ng/mL. IRM : stabilité lésionnelle. Bilan d’ extension négatif. Hépatectomie droite, avec résection partielle de la veine porte le 14 Avril 2009. Histopathologie : Carcinome hépatocellulaire mixte moyennement différencié largement nécrosé; le « thrombus » portal était entièrement nécrotique. Suites simples (ascite modérée post opératoire). Le 16 Juin 2009: examen clinique normal, Hb 12 g/dL, bilirubine 11 µM, tests hépatiques normaux, foetoprotéine 65 ng /mL, scanner normal.
Le sorafenib est actuellement indiqué dans le traitement du carcinome hépatocellulaire chez les malades Child A, OMS 0-2, dont la tumeur n’ est pas traitable par d’ autres moyens. Chez ces patients, le traitement augmente significativement la médiane de survie (de 7,9 à 10,7 mois) et la survie sans progression (5,5 vs 2,8 mois). Le taux de réponse morphologique « classique » n’ est que de 2,4%, mais des nécroses tumorales importantes sont possibles. Plus que l’ hypervascularisation artérielle, la diminution de l’ activité mesurable au TEPscan au 18Fdésoxyglucose pourrait prédire la réponse tumorale.

Llovet JM et al. N Engl J Med 2008;359:378.
Siemerink EJM et al, The Oncologist 2008;13:734–735

Catégories
Gastroenterologie

Hémorragies digestives basses aiguës Étude prospective du NGHD, en collaboration avec l’ANGH

2009

M.I. Cremers, J. Pedrosa, L. Glória, I. Rosa, B. Arroja, C. Cardoso, R Ramos et le NGHD

Gastroentérologie –  2009-07-07 – CO –

________________________________

But
Décrire les caractéristiques épidémiologiques actuelles des hémorragies digestives basses aiguës (HDBA) ainsi que les pratiques professionnelles, la morbidité et la mortalité hospitalière, au Portugal.

Patients et Méthodes
Du 14 avril 2008 au 15 avril 2009, dans 13 centres du NGHD, les patients ayant une HDBA ont été inclus dans cette étude, qui nous a été proposée para l’ANGH, après adaptation (traduction) et autorisation des Autorités de Santé et du Comité d’Étique de chaque Hôpital participant. De multiples données cliniques, biologiques et endoscopiques ont été recueillies jusqu’à la sortie, dans une base de données électronique.

Résultats
364 patients ont été inclus durant cette année d’étude, 188 hommes et 176 femmes, âgés de 72,4 ± 14,4 ans. Le mode de révélation de l’hémorragie était des rectorragies dans 95,7% ou un méléna isolé dans 4,3% des cas, accompagnés de malaise (pression artérielle systolique (PAS) < 100 mm Hg ou perte de connaissance) dans 28,4%. L’hémorragie était communautaire dans 86,5% des cas. A la prise en charge hospitalière, la PAS était de 119 ± 24 mm Hg, le fréquence cardiaque (FC) de 83,6±16,4 /min. L’hémoglobinémie était de 11,2 ± g/dl. Il existait un antécédent d’hémorragie (HD) dans 10,6% des cas. Avant l’HDBA, 54.2% des patients prenaient un médicament susceptible de favoriser une HD (AINS 15,4%, aspirine et/ou d’antiagrégants en mono ou bithérapie 37,1%, AVK 6,2% héparine ou HBPM 3,5%). La première endoscopie basse (fibrossigmoidoscopie 61,3 %, coloscopie totale 38,7%) était estimée contributive dans 78,3% des cas permettant alors la localisation du site hémorragique (84,3%), le diagnostic de la cause (97,9%) et la réalisation d’un geste d’hémostase (18,1%). Une deuxième endoscopie basse était réalisée dans 28,9% des cas. La cause de l’hémorragie était attribuée à : colite ischémique dans 81 cas, diverticules dans 72 cas, tumeurs coliques dans 46 cas, polypes dans 18 cas, escarres de polypectomie dans 14 cas, colite infectieuse dans 13 cas, angiodysplasies coliques dans 16 cas et une autre lésion dans 64 cas. Une transfusion de 2,6 ± 1,6 culots a été réalisée dans 35,1% des patients. Une récidive hémorragique est survenue chez 21 (5,7%) patients. La morbidité hors récidive hémorragique était de 11,8 %.Vingt neuf patients ont bénéficié d’un geste chirurgical. La mortalité hospitalière était de 2,2%. Les facteurs prédictifs de décès étaient liés à la sévérité de l’hémorragie (transfusion p<0,003, hémoglobine <10 g/dl p=0,05), au fait d’être hospitalisés au moment de l’hémorragie p=0,023 et au traitement par héparine p=0,056. En comparaison des résultats de l’étude de l’ANGH, il y a quelques différences, les principales étant la méthodologie de l’étude pour recueillir les données et l’étiologie la plus fréquente de l’hémorragie.

Conclusion
Au cours des HDBA, une prise médicamenteuse favorisante est notée dans plus de la moitié des cas. Leur cause peut être identifiée dès la première endoscopie dans près de 78,3% des cas. Les colites ischémiques représentent l’étiologie la plus fréquente.